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Ce que vous n’avez plus le droit de faire avec l’eau, et ce qui va manquer dans votre assiette

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Ce que vous n’avez plus le droit de faire avec l’eau, et ce qui va manquer dans votre assiette

Le Doubs vient de basculer au niveau maximal de sécheresse. Une décision qui change déjà le quotidien des Bisontins - et qui n'est que la moitié de l'addition.

Quatre échelons en six semaines.

C'est la vitesse à laquelle le département du Doubs a grimpé tous les niveaux d'alerte sécheresse prévus par la loi, jusqu'au sommet : la «crise», stade le plus sévère, décrétée par arrêté préfectoral vendredi 17 juillet 2026. Une décision qui change, dès maintenant, ce que chaque habitant a le droit de faire avec l'eau du robinet.

 En six semaines, le Doubs a grimpé les quatre échelons

Le 2 juin, le département n'était encore qu'en simple «vigilance sécheresse». Le 18 juin, faute de pluie et sous l'effet des fortes chaleurs, la préfecture passait au niveau «alerte». Le 3 juillet, nouvelle dégradation : «alerte renforcée», troisième échelon sur quatre. Et le 17 juillet, ultime bascule, le Doubs entre officiellement en «crise sécheresse» - le niveau que la réglementation française réserve aux situations les plus critiques.
Selon la préfecture, les indicateurs suivis par les services de l'État «confirment une aggravation de la sécheresse sur l'ensemble du département, avec la généralisation du franchissement des seuils de crise». Les rivières issues du massif des Vosges, notamment l'Allan et l'Ognon, ainsi que le Doubs lui-même en plaine, ont vu leurs débits s'effondrer.

Quatre niveaux d'alerte franchis en six semaines : une vitesse de dégradation que les services de l'État eux-mêmes qualifient d'inédite.

 Ce qui est désormais interdit

Le niveau «crise» s'accompagne de restrictions qui concernent, selon la préfecture, «l'ensemble des usagers» : particuliers, collectivités, industries et agriculteurs. Sont notamment encadrés l'arrosage des végétaux, le nettoyage des voiries, des toitures et des façades, le lavage des véhicules, le remplissage des piscines, ainsi qu'une partie des activités industrielles et agricoles.

Concrètement, pour un habitant du Doubs, cela signifie l'interdiction d'arroser sa pelouse ou ses massifs fleuris aux heures les plus chaudes, voire à toute heure selon les communes, et de laver sa voiture chez soi hors des stations professionnelles équipées de systèmes de recyclage de l'eau. Les stades de football et les espaces verts publics sont eux aussi concernés par ces restrictions.

 Besançon avait déjà commencé à s'adapter

La Ville de Besançon n'a pas attendu l'arrêté de crise pour agir. Dès le 15 juillet, anticipant les prévisions de Météo-France, la municipalité avait pris des dispositions particulières pour l'entretien de ses parcs, de ses jardins et de ses cimetières, dans l'optique de réduire sa propre consommation d'eau avant même que la préfecture ne l'impose.

Sur son site officiel, la Ville appelle désormais chaque habitant à «veiller collectivement à limiter notre consommation d'eau, et ainsi éviter de porter atteinte à la ressource» - une formule qui, derrière sa sobriété administrative, traduit une inquiétude bien réelle sur l'état des nappes phréatiques et des rivières comtoises pour le reste de l'été.

 Et dans votre assiette, la note arrive aussi

Cette sécheresse ne se limite pas à des interdictions d'arrosage : elle est en train de redessiner, discrètement, le contenu des étals. À Rungis, principal marché de gros du pays, le cours du concombre origine France avait déjà bondi de 41 % lors du pic de chaleur de fin juin - et de 75 % pour le concombre espagnol, selon les données de FranceAgriMer et du Réseau des nouvelles des marchés.

Le président d'Interfel, l'interprofession des fruits et légumes, ne cache plus son inquiétude : sans irrigation, la production maraîchère ou arboricole devient selon lui totalement impossible lorsque sécheresse prolongée et canicule se cumulent. Plusieurs professionnels du secteur évoquent des récoltes amputées de 30 à 80 % selon les régions, et des hausses de prix attendues de 20 à 40 % dès le mois de septembre.

Sans irrigation, la production maraîchère ou arboricole devient totalement impossible

- Daniel Sauvaitre, président d'Interfel

Pour compenser les volumes manquants, les distributeurs devraient se tourner vers davantage d'importations - pommes polonaises, pêches espagnoles, tomates marocaines - mais ces pays fournisseurs traditionnels de la France subissent, eux aussi, des épisodes caniculaires comparables cet été, ce qui limite d'autant les marges de manœuvre pour contenir la hausse des prix.

Entre le robinet et l'assiette, la sécheresse de cet été 2026 s'invite déjà dans le quotidien de chaque foyer bisontin - sans attendre la fin des vacances pour se faire sentir dans le porte-monnaie.

Par la rédaction de L’APPEL - Besançon · L'Appel
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