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À Stade, l’homme qui a tué six travailleurs sociaux s’est suicidé en prison

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À Stade, l’homme qui a tué six travailleurs sociaux s’est suicidé en prison

Retrouvé sans vie dans sa cellule de Bremervörde, l'homme de 45 ans avait ouvert le feu fin juin dans un centre d'aide à l'enfance, en plein conflit pour la garde de sa fille de trois mois.

Six travailleurs sociaux tués en quelques minutes. Un mois de détention provisoire. Et une mort en cellule qui referme, sans les résoudre, les questions de l'enquête.

Un rendez-vous pour la garde d'un bébé, six morts en quelques minutes Le 29 juin, dans un centre d'aide à l'enfance de Stade, ville de 50 000 habitants du nord de l'Allemagne, un homme de 45 ans se présente à un rendez-vous portant sur la garde de sa fille, âgée de trois mois. L'enfant se trouve sur place avec sa mère, avec qui il est en conflit.

Il ouvre le feu. Quatre femmes et deux hommes, tous travailleurs sociaux chargés de la protection de l'enfance, sont tués. Les secours, arrivés rapidement sur les lieux après plusieurs appels, découvrent des victimes abattues, selon leurs propres mots, d'une manière particulièrement cruelle. La mère et le bébé, présents dans le bâtiment, en ressortent indemnes.

Quatre femmes, deux hommes, tous chargés de protéger des enfants : ce sont eux que visait, ce jour-là, un rendez-vous programmé pour parler d'un bébé de trois mois.

La ministre régionale de l'Intérieur de Basse-Saxe, Daniela Behrens, qualifie alors les faits sans détour.

un acte de violence d'une cruauté extrême

- Daniela Behrens, ministre régionale de l'Intérieur

 Une seconde personne arrêtée, une enquête d'abord qualifiée de tragédie familiale Le jour même, la police interpelle deux personnes : l'homme, présenté comme le tireur présumé, et une femme. Une vidéo diffusée par le quotidien Bild montre l'interpellation : un véhicule aux pneus crevés forcé à l'arrêt, un important dispositif policier, le conducteur sorti de force et maîtrisé au sol.

Lors d'une conférence de presse, la directrice du commissariat de Lüneburg, Kathrin Schuol, précise le contexte sans en dévoiler tous les éléments : la mère de l'enfant a assuré aux enquêteurs ne plus être en couple avec le suspect. La police évoque, dans un premier temps, une tragédie familiale au sens large du terme.

L'homme était déjà connu des services de police, notamment pour des menaces proférées par le passé, mais n'était pas considéré comme violent et ne détenait aucun permis de port d'arme - des éléments qui, après coup, interrogent sur les signaux qui auraient pu, ou non, être détectés en amont.

 Retrouvé sans vie en cellule, un mois plus tard

Mardi, le ministère de la Justice de Basse-Saxe annonce que l'homme s'est donné la mort dans sa cellule de la prison de Bremervörde. Il est découvert au petit matin par un agent pénitentiaire lors d'un contrôle de routine, sans température corporelle. Un médecin urgentiste, appelé sur place, constate le décès moins d'une demi-heure plus tard.

À ce stade de l'enquête, un homme qui devait répondre de six morts devant la justice n'aura finalement de comptes à rendre à personne.

Le ministère précise que les éléments recueillis jusqu'ici orientent vers un suicide, sans indice pour l'heure d'une implication extérieure.

aucun indice laissant supposer l'implication d'une tierce personne

 le ministère de la Justice de Basse-Saxe

Une enquête sur les circonstances exactes du décès a été ouverte. Les proches de l'homme, comme les familles des six victimes, ont été informés.

 Une Allemagne confrontée à des fusillades aux mobiles divers

Le suspect était un citoyen allemand d'origine turque, né en Allemagne et domicilié à Hanovre, à environ 200 kilomètres au sud de Stade, selon les précisions apportées par la police fin juin. Cette information, communiquée par les autorités elles-mêmes, n'a pas été présentée comme un élément déterminant du mobile, qui reste attribué au conflit familial autour de la garde de l'enfant.

Le pays a connu, ces dernières années, plusieurs fusillades meurtrières aux ressorts très différents : certaines à caractère politique, d'autres, comme celle de Stade, liées à des conflits strictement personnels. La mort du principal suspect referme un dossier judiciaire sans qu'un procès permette d'en établir publiquement et contradictoirement tous les faits.

Il restera, pour les six familles endeuillées, une enquête administrative sur les causes d'une mort en détention - et l'absence, désormais définitive, d'un procès pour établir ce qui s'est joué, ce jour de juin, dans un lieu censé protéger des enfants.

Par la rédaction • L'Appel · L'Appel
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