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La chaleur recule vers la Méditerranée, mais laisse un été déjà entré dans les records

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La chaleur recule vers la Méditerranée, mais laisse un été déjà entré dans les records

Sept départements en alerte orange ce samedi, pendant que Santé publique France dresse le bilan d'un été déjà marqué par un net excès de mortalité.

39 à 40°C.

C'est ce que prévoit Météo-France cet après-midi dans l'intérieur du Var et des Alpes-Maritimes, département qui bascule ce samedi à midi en vigilance orange canicule. Il rejoint six autres territoires déjà placés en alerte : Bouches-du-Rhône, Corse-du-Sud, Haute-Corse, Gard, Hérault et Var.

 Ce samedi, la carte se resserre autour de la Méditerranée

Sept départements en vigilance orange, six autres en vigilance jaune - Pyrénées-Orientales, Aude, Ardèche, Drôme, Vaucluse et Alpes-de-Haute-Provence. La carte de vigilance publiée ce samedi matin par Météo-France dessine un pays où la chaleur ne recule pas encore partout, mais se concentre déjà nettement sur le grand Sud-Est.

Dans la nuit, les minimales resteront comprises entre 22°C et 26°C sur tout le pourtour méditerranéen - des nuits que les prévisionnistes qualifient de suffocantes, propices à empêcher l'organisme de récupérer d'une journée à l'autre.

Les nuits sans répit sont souvent plus dangereuses pour la santé que les pics de chaleur de l'après-midi eux-mêmes.

 Pourquoi la chaleur recule

Selon Météo-France, la masse d'air très chaud qui stagnait sur le pays depuis plusieurs jours régresse vers le Sud-Est, sous l'effet d'une dégradation orageuse et de l'arrivée d'air plus frais par l'arrière du système. Un mécanisme classique de fin d'épisode caniculaire, mais qui laisse justement la façade méditerranéenne en première ligne le temps que l'air frais achève de balayer le territoire.

Les températures de cet après-midi devraient rester proches de celles de vendredi, voire grimper encore dans l'intérieur du Var et des Alpes-Maritimes. Météo-France prévient que ces fortes chaleurs devraient persister les jours suivants sur le pourtour méditerranéen, avant de s'atténuer lentement.

 Un été qui a déjà battu ses propres records

Ce recul, aussi bienvenu soit-il, intervient après un mois de records. Le 8 juillet, Marignane a enregistré 40,5°C - un record absolu pour un mois de juillet à cette station - tandis que Cassis atteignait 39,9°C, dans les Bouches-du-Rhône.

Quatre jours plus tard, le 12 juillet, c'est Saintes, en Charente-Maritime, loin de la Méditerranée, qui a atteint 42,1°C - une valeur jamais mesurée dans ce département au mois de juillet, selon Météo-France.

Des valeurs jamais mesurées au mois de juillet

- Météo-France, bilan du 18 juillet 2026

Cet épisode de juillet a lui-même succédé à une canicule de la mi-juin déjà qualifiée d'exceptionnelle : le 23 juin a été, selon Météo-France, la journée la plus chaude jamais enregistrée à l'échelle nationale, battant le record établi en 2003.

 Ce que la chaleur a coûté cette année

Santé publique France a suivi, semaine après semaine, l'impact sanitaire de cette succession d'épisodes. Dès le 24 juin, l'agence signalait une nette hausse de la mortalité toutes causes confondues : plus de 1 200 décès quotidiens ce jour-là, puis plus de 1 400 les 25 et 26 juin, contre 900 à 1 000 décès par jour habituellement en avril et en mai.

Un second épisode, entre le 4 et le 15 juillet, a ensuite touché 98 % de la population hexagonale sous vigilance orange ou rouge - avec, à son pic, trente-sept départements classés en vigilance rouge, soit 39 % du pays. Le nombre de passages aux urgences pour hyperthermie, déshydratation ou coup de chaleur a de nouveau augmenté du 5 au 10 juillet.

37 départements en vigilance rouge à la mi-juillet : un niveau d'alerte que la France n'active qu'en de rares occasions.

Sur les neuf derniers étés, Santé publique France attribue à la chaleur près de 11 700 décès pendant les seuls épisodes de canicule, et près de 40 000 sur l'ensemble des périodes de surveillance estivale - soit environ 30 % des décès liés à la chaleur concentrés sur seulement 4 % des jours de l'été.

À titre de comparaison, l'été 2025 avait déjà été marqué par plus de 5 700 décès attribuables à la chaleur sur l'ensemble de la saison, dont près de 1 900 pendant les seuls épisodes de canicule - un été que l'agence sanitaire classait alors parmi les plus meurtriers depuis 2022. Les deux vagues déjà traversées cette année, par leur intensité et leur étendue géographique, laissent présager un bilan 2026 au moins comparable.

Les personnes de plus de soixante-quinze ans restent, année après année, les plus touchées : elles représentaient à elles seules plus de la moitié des passages aux urgences liés à la chaleur lors de l'été précédent, un déséquilibre que les données de cet été confirment pour l'instant.

 Les prochains jours

Pour l'instant, aucun département n'a basculé en vigilance rouge ce week-end. Météo-France maintient toutefois sa vigilance sur le pourtour méditerranéen, où les fortes chaleurs devraient se maintenir avant de refluer progressivement en début de semaine prochaine.

D'ici là, les autorités sanitaires renouvellent les mêmes consignes : boire de l'eau plusieurs fois par jour même sans soif, éviter les sorties aux heures les plus chaudes, et prendre régulièrement des nouvelles des personnes âgées ou isolées.

Par la rédaction • L'Appel · L'Appel
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