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Du plastique retrouvé dans le cœur, un vaccin qui pourrait devancer le cancer du pancréas

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Du plastique retrouvé dans le cœur, un vaccin qui pourrait devancer le cancer du pancréas

Deux études publiées ce 16 juillet dessinent, à quelques heures d'écart, le pire et le meilleur de ce que la recherche médicale peut révéler

La mauvaise nouvelle d'abord - des particules de plastique circulent dans le sang de patients victimes de crise cardiaque, en quantités plus élevées que chez les autres. La bonne, ensuite - un vaccin expérimental vient, pour la première fois, à intercepter un cancer avant même qu'il n'apparaisse.

◆ Un cœur qui absorbe le plastique ambiant

Des chercheurs de l'université Sapienza de Rome et de l'université de Campanie Luigi-Vanvitelli, sous la coordination d'Emanuele Barbato et de Raffaele Marfella, ont mesuré les concentrations de micro et nanoplastiques dans le sang coronarien de patients victimes d'un infarctus aigu du myocarde. Leurs résultats, publiés dans l'European Heart Journal, la revue de la Société européenne de cardiologie, montrent des concentrations significativement plus élevées chez ces patients que chez ceux souffrant de cardiopathie ischémique chronique ou dotés d'artères coronaires saines. Le polyéthylène, matériau omniprésent dans les emballages du quotidien, domine parmi les polymères retrouvés.

L'étude établit également un effet cumulatif préoccupant. Les patients exposés à de fortes concentrations de particules fines PM2,5 accumulent davantage de plastique dans le sang, et les fumeurs présentent un risque environ six fois supérieur aux non-fumeurs. Pollution, tabac et plastique agiraient ainsi de façon synergique pour aggraver le risque cardiovasculaire. Ce travail confirme et approfondit une étude publiée en 2024 dans le New England Journal of Medicine, qui avait déjà établi que la présence de micro et nanoplastiques dans les plaques d'athérome carotidiennes multipliait par quatre virgule cinquante-trois le risque d'événement cardiovasculaire majeur - infarctus ou accident vasculaire cérébral.

"Un risque d'événement cardiovasculaire multiplié par plus de quatre en présence de plastique dans les artères, un risque six fois supérieur chez les fumeurs - le plastique ambiant s'invite désormais dans l'équation du risque cardiaque au même titre que le tabac ou la pollution."

◆ Jusque dans le cerveau

Le cœur n'est pas le seul organe concerné. Une étude distincte publiée en avril 2026 a détecté des micro et nanoplastiques dans la quasi-totalité des échantillons de tissu cérébral humain analysés - non seulement dans des tumeurs, mais également dans des cerveaux sains, sans pathologie neurologique apparente. Les nanoplastiques, fragments les plus petits et les plus difficiles à détecter, s'y trouvaient en plus grande abondance que les particules plus grosses, et les concentrations grimpaient nettement dans les tissus tumoraux par rapport aux tissus sains. Les chercheurs restent prudents sur le lien de causalité, mais soulignent la plausibilité biologique d'un effet inflammatoire du plastique sur des tissus aussi sensibles au stress oxydatif que le cerveau.

"Des nanoplastiques retrouvés jusque dans des cerveaux parfaitement sains - la présence du plastique dans le corps humain ne se limite plus au sang ni aux artères, elle s'étend à l'organe le plus protégé de l'organisme."

◆ La bonne nouvelle - un vaccin qui intercepte le cancer avant qu'il ne se forme Le Kimmel Cancer Center de l'université Johns Hopkins, via son centre dédié au cancer du pancréas, publie ce 16 juillet dans la revue Cancer Discovery les résultats d'un essai de phase 1 portant sur un vaccin expérimental baptisé mKRAS-VAX. Ce vaccin peptidique cible les six mutations du gène KRAS les plus fréquemment impliquées dans le cancer du pancréas - l'un des cancers les plus meurtriers, faute de moyen fiable de le détecter suffisamment tôt.

Vingt participants porteurs d'une prédisposition héréditaire à ce cancer, et présentant une anomalie pancréatique repérée à l'imagerie, ont reçu quatre doses du vaccin réparties sur treize semaines, entre avril 2022 et février 2026. Dix-huit d'entre eux, soit quatre-vingt-dix pour cent, ont développé une réponse immunitaire significative, avec une multiplication moyenne par dix-huit virgule deux des réponses de lymphocytes T ciblant spécifiquement la mutation KRAS. Cette réponse impliquait à la fois des lymphocytes CD4 et CD8, avec des cellules mémoires détectables jusqu'à deux ans après la vaccination. Plusieurs participants ont connu une régression, voire une résolution complète, de leurs kystes pancréatiques à l'imagerie - et aucun n'a développé de cancer du pancréas à ce jour. Aucun effet indésirable sévère n'a par ailleurs été signalé.

« Malgré des efforts considérables, nous n'avons toujours pas trouvé le moyen de détecter le cancer du pancréas suffisamment tôt pour éviter que la plupart des patients n'en meurent - la question est de savoir si nous pouvons l'intercepter avant qu'il ne se développe », résume Elizabeth Jaffee, l'une des responsables de l'étude, précisant par ailleurs être fondatrice et détentrice de parts dans Adventris Pharmaceuticals, l'entreprise ayant obtenu la licence de cette technologie développée à Johns Hopkins. La recherche a été financée par le National Cancer Institute américain, la fondation Stand Up To Cancer et la fondation Lustgarten.
"Dix-huit participants sur vingt, aucun cancer développé à ce jour, une réponse immunitaire encore mesurable deux ans après la vaccination - le premier essai chez l'humain suggère qu'intercepter un cancer avant qu'il n'apparaisse n'est plus une hypothèse théorique."

Ces deux annonces méritent d'être lues avec la même prudence méthodologique. L'essai vaccinal ne portait que sur vingt personnes déjà à haut risque héréditaire, et ne constitue qu'une phase 1 - la démonstration qu'un traitement est sûr et suscite une réponse immunitaire, non encore la preuve qu'il empêche effectivement le cancer sur le long terme ni à plus grande échelle. Les études sur le plastique et le cœur établissent, elles, une association statistique forte et biologiquement plausible, mais les chercheurs eux-mêmes rappellent qu'une corrélation ne prouve pas, à elle seule, un lien de cause à effet direct. Entre le plastique qui s'invite jusque dans les artères et le cerveau, et le vaccin qui promet d'intercepter un cancer avant qu'il ne naisse, la recherche médicale de ce 16 juillet aura, en une seule journée, illustré ses deux visages - celui qui inquiète, et celui qui espère.

Par la rédaction • L'Appel · L'Appel
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