Argenteuil – un différend sur des poids de musculation, un homme de 25 ans est mort
Il venait de déposer sa cousine chez elle et parlait déjà du dîner qu'il partagerait bientôt avec sa mère. Quelques minutes plus tard, dans une salle de sport d'Argenteuil ouverte depuis à peine deux semaines, un différend sur du matériel de musculation a tourné au drame. Récit d'une soirée ordinaire qui a basculé.
Vingt-deux heures, lundi. La salle de sport On Air, à Argenteuil, tourne encore au ralenti pour cette heure tardive. Deniz, vingt-cinq ans, y passe presque tous les soirs. Ce soir-là, il n'en ressortira pas.
◆ Une habitude quasi quotidienne
Employé dans le secteur de l'assainissement, Deniz consacrait près de trois heures par jour à la musculation, une passion que son entourage décrit comme le fil conducteur de son quotidien. Ce lundi-là ne dérogeait pas à la règle. Il avait passé l'après-midi avec sa cousine, l'avait ensuite raccompagnée chez elle à Argenteuil, puis avait pris la direction de la salle de sport comme il le faisait presque chaque soir depuis l'ouverture de l'établissement, deux semaines plus tôt à peine.
Sa cousine, interrogée depuis par la presse régionale, garde de ce dernier moment le souvenir d'un jeune homme apaisé, presque insouciant, évoquant déjà un dîner à venir avec sa mère, comme n'importe quel autre projet ordinaire d'une semaine sans histoire.
"Il semblait serein, il parlait d'un futur repas avec sa mère. Ce n'était pas quelqu'un d'habitué aux conflits physiques, ce comportement ne lui correspondait pas."
Une cousine de la victime, témoignage recueilli par Le Parisien
◆ Un arrêt cardiorespiratoire, une nuit de lutte
C'est vers vingt-deux heures que les policiers du commissariat d'Argenteuil sont appelés sur place, alertés par le personnel de la salle. Le jeune homme se trouve alors en arrêt cardiorespiratoire, victime de violents coups portés par un autre individu présent dans l'établissement, selon les premiers éléments communiqués par les autorités judiciaires.
Les employés de la salle de sport pratiquent les premiers gestes de secours, guidés par téléphone par le Samu, avant l'arrivée des sapeurs-pompiers du Val-d'Oise. Une réanimation permet de rétablir une activité cardiaque, un signe d'espoir de courte durée. Transporté en urgence absolue au centre hospitalier d'Argenteuil, Deniz est ensuite transféré vers l'hôpital Delafontaine de Saint-Denis, en Seine-Saint-Denis, où le combat se poursuit toute la nuit. Le mardi matin, à huit heures quarante-cinq, son décès est constaté.
"La victime avait reçu des coups d'un autre individu."
Guirec Le Bras, procureur de la République de Pontoise
◆ Un mobile qui tient, pour l'heure, à un poids de musculation
Les tout premiers éléments recueillis par l'entourage de la victime évoquent un différend d'une banalité presque vertigineuse au regard de son issue. Selon le récit rapporté par sa cousine, une dispute aurait éclaté entre les deux hommes au sujet d'un poids de musculation, l'un souhaitant s'en servir, l'autre refusant de le céder. Cet échange, en apparence anodin, aurait suffi à déclencher une colère que rien, dans la description que fait la famille du jeune homme, ne laissait présager.
Le parquet de Pontoise a ouvert une enquête en flagrance pour homicide volontaire, confiée à la division de la criminalité territoriale du service interdépartemental de la police judiciaire. Un homme de trente-cinq ans a été interpellé dans la foulée des faits et placé en garde à vue. La salle de sport, ouverte depuis moins de quinze jours, se garde pour l'heure de tout commentaire sur les circonstances précises du drame, se bornant à confirmer l'intervention rapide de son personnel.
◆ Une enquête qui ne fait que commencer
À ce stade des investigations, plusieurs zones d'ombre subsistent. L'enchaînement exact des échanges entre les deux hommes, la nature précise des coups portés, ainsi que le profil du suspect interpellé restent à établir avec certitude par les enquêteurs de la DCT. Aucune information n'a par ailleurs filtré sur d'éventuels antécédents opposant les deux hommes avant cette soirée, ni sur la présence de témoins supplémentaires au moment des faits.
Pour la famille de Deniz, la sidération domine encore. Un jeune homme décrit comme étranger à toute forme de violence physique, emporté en l'espace de quelques instants par un geste que ni ses proches ni, apparemment, la victime elle-même n'avaient vu venir. Reste, au terme de cette nuit d'agonie partagée entre deux hôpitaux, une question que l'enquête judiciaire devra désormais éclaircir, celle de savoir comment un différend sur du matériel de sport a pu, en quelques minutes à peine, coûter la vie à un homme de vingt-cinq ans.