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Affaire Lyhanna – Barella mis en examen pour viol et meurtre, la justice en réparation

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Affaire Lyhanna – Barella mis en examen pour viol et meurtre, la justice en réparation

Le 15 juillet, quarante-sept jours après la découverte du corps de la fillette, le principal suspect a comparu pour la première fois devant un juge d'instruction sur les faits criminels. Une mise en examen qui signe un tournant judiciaire, dans une France encore sous le choc.

Jérôme Barella, soupçonné du meurtre de Lyhanna Rameau Bernard, 11 ans, a été mis en examen ce mercredi pour viol et meurtre sur mineure. Une nouvelle mise en examen qui referme - provisoirement - le volet judiciaire immédiat, mais rouvre celui, brûlant, des défaillances systémiques qui ont permis à cet homme de rester libre.

Par la Rédaction

Le convoi de police a franchi les portes du palais de justice d'Agen à 9h30, ce mercredi matin. À l'intérieur de la voiture blindée, Jérôme Barella - extrait de sa cellule d'isolement du centre pénitentiaire de Mont-de-Marsan - se rendait devant un juge d'instruction pour la première fois depuis le 1er juin. Ce jour-là, le corps de Lyhanna n'avait pas encore été retrouvé. Quarante-cinq jours plus tard, la réalité est tout autre.

Jérôme Barella, principal suspect dans l'enquête sur la mort de Lyhanna, a été mis en examen pour le viol et le meurtre de la collégienne, selon BFMTV. Extrait de sa cellule pour être présenté au juge d'instruction, il n'était jusqu'à présent mis en examen que pour enlèvement et séquestration sur mineur.

L'ADN comme point de bascule

Ce glissement dans les charges n'est pas une surprise - il était attendu depuis les résultats de l'autopsie. Les examens médico-légaux ont permis d'établir avec certitude que Lyhanna avait été violée, et l'ADN de Jérôme Barella a bien été retrouvé sur la petite fille. Elle avait également été ligotée au niveau des poignets, et des bleus ont été relevés sur son corps - des ecchymoses nécessairement antérieures à la mort, dans la mesure où le sang ne circule plus après le décès.

Après l'autopsie dont les résultats ont été connus le 24 juin, le procureur d'Agen Olivier Naboulet avait demandé la mise en examen pour "meurtre et viol sur mineure de quinze ans" dans le cadre d'un réquisitoire supplétif. Commencée vers 9h30, l'audition a repris en début d'après-midi après une pause à la mi-journée. Ses avocates, Sandra Vazquez et Éléonore Paré, ont indiqué qu'elles ne s'exprimeraient pas mercredi.

Le 6 juillet, les enquêteurs avaient mené une perquisition au domicile de Barella à Montestruc-sur-Gers, en sa présence, et différents objets pouvant avoir un lien avec la mort de Lyhanna avaient été saisis. Depuis son incarcération, il est à l'isolement et fait l'objet d'une surveillance renforcée en raison d'un risque suicidaire, avec des rondes toutes les demi-heures.

Un prédateur signalé, jamais stoppé

Ce que révèle cette affaire dépasse la trajectoire individuelle d'un homme de 41 ans. Il est établi que Jérôme Barella était connu des services de l'État depuis 2017 - inscrit au fichier de traitement d'antécédents judiciaires (TAJ), visé par au moins quatre procédures pour viols et agressions sexuelles sur mineures. Des plaintes classées sans suite ou pour lesquelles il n'avait jamais été interrogé.

Un organisme américain de référence dans la lutte contre la pédocriminalité, le NCMEC, avait transmis plusieurs signalements concernant le comportement en ligne de Barella à l'Office national des mineurs en France - mais ils n'ont été découverts qu'après l'éclatement de l'affaire. Le principal suspect avait été repéré à différents moments par cette plateforme entre 2023 et 2025. Il n'existe aucun système d'alerte automatisé pour signaler aux enquêteurs qu'un même profil est concerné par plusieurs signalements.

L'affaire a révélé des dysfonctionnements des services d'enquête, notamment lors du traitement d'une plainte déposée en août 2025 par la mère de Rosa, une enfant également âgée de 11 ans, accusant Barella de viols répétés. Un pré-rapport d'une mission d'inspection dévoilé le 22 juin évoque "des défaillances de suivi, de coordination et de pilotage" de l'enquête.

Ces révélations en cascade ont eu un effet politique direct. Le ministre de la Justice Gérald Darmanin s'est dit "personnellement très favorable" à la mise en place de fiches administratives permettant de surveiller des pédocriminels, à l'image des fiches S. Il a précisé que des dispositions seraient adoptées dans le cadre du projet de loi sur la protection de l'enfance, dont l'examen devait débuter à l'Assemblée en juillet. C'est un ministre sous pression qui a défendu les mesures de ce projet de loi, examiné dans le contexte de l'affaire Lyhanna.

« Des défaillances de suivi, de coordination et de pilotage »

Pré-rapport de la mission d'inspection, 22 juin 2026

L’APPELChronologie d'une affaire d'Étatmai 2026 - Lyhanna disparaît après avoir quitté soncollège Hubert-Reeves à Fleurance (Gers).29mai - Jérôme Barella, 41 ans, est interpellé sur unparking à Auch ; il passe 48 heures en garde à vue.30er juin - Première mise en examen pour enlèvement etséquestration ; il choisit le silence devant le juge.1juin - Le corps de Lyhanna est retrouvé dans un siloagricole près de Puycasquier (Gers).4juin - L'autopsie confirme le viol ; l'ADN de Barella estretrouvé sur la victime.24juillet - Perquisition au domicile du suspect àMontestruc-sur-Gers ; des objets potentiellement liés aucrime sont saisis.6juillet - Nouvelle mise en examen pour viol et meurtre surmineure de moins de 15 ans.1515 juillet 2026 · lappelfrance.fr

Par la rédaction • L'Appel · L'Appel
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