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La LGV Sud-Est libérée des flammes, mais pas du chaos

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La LGV Sud-Est libérée des flammes, mais pas du chaos

Deux jours consécutifs d'incendies entre Seine-et-Marne et l'Yonne ont plongé l'axe ferroviaire le plus fréquenté de France dans une paralysie inédite à la veille du 14 juillet.

Les pompiers ont quitté les abords de la ligne à grande vitesse Sud-Est dans la soirée du 13 juillet, annonçant une reprise progressive de la circulation. Mais derrière ce communiqué de SNCF Réseau se cache quarante-huit heures d'une débâcle ferroviaire sans précédent pour cet été : deux fronts d'incendies distincts, des milliers de voyageurs bloqués, des câbles de signalisation détruits et un réseau qui vacille sous la canicule.

Quarante-huit heures. C'est le temps qu'il aura fallu à la chaleur, à la végétation sèche et au vent pour transformer l'artère ferroviaire la plus stratégique de France en une succession de barrages fumants. Après une nuit de galère pour des centaines de passagers, le trafic SNCF s'est retrouvé de nouveau très perturbé sur la ligne TGV Sud-Est ce lundi 13 juillet, après un nouvel incendie entre Paris et Tonnerre.

La reprise annoncée par SNCF Réseau en fin de journée ne doit pas faire oublier l'ampleur du désastre. Selon le gestionnaire des infrastructures, un retour à la normale n'était pas attendu avant la nuit de lundi à mardi.

Double foyer dans l'Yonne, double peine pour les voyageurs

Ce lundi après-midi, ce ne sont pas un mais deux incendies qui se sont simultanément déclarés près de Sens. Plusieurs foyers se sont allumés à l'est de Sens et dans le secteur de Malay-le-Grand, la RD660 entre Sens et Malay-le-Grand a été coupée, et le feu s'est propagé aux abords d'entreprises dans la zone industrielle des Vauguillettes. Les flammes ont pris dans les champs couverts de chaumes, entre la voie ferrée à grande vitesse et des entreprises situées au nord de cette zone.

Le bilan humain et matériel est lourd. 80 hectares de chaumes et six hectares de sous-bois ont brûlé, quatre personnes dont un pompier ont été prises en charge par les secours après avoir été incommodées par les fumées, une voiture et un utilitaire ont été détruits, et les pompiers sont parvenus à sauver des flammes quatre habitations, un commerce et un relais télécom.

Côté rails, la décision a été immédiate. SNCF Réseau a décidé de couper la ligne TGV Sud-Est, dont les trains ont été redirigés vers le réseau ferré classique. Si aucun train n'était annulé, assurait la SNCF, les convois ne pouvaient rouler qu'à 160 km/h maximum, contre 300 km/h habituellement. En pratique, les TGV effectuaient un détour de 170 km à 120 km/h maximum au lieu de 300 km/h, ce qui s'est traduit par des retards pouvant aller jusqu'à 3 heures et 40 minutes.

«Les pompiers sont en train de traiter un incendie de talus à Sens, à environ 80 kilomètres de Paris», a indiqué SNCF Réseau, confirmant une information parue dans le Figaro. Le gestionnaire avait également précisé : «Dès que le feu sera jugulé, nous enverrons des équipes sur place pour jauger les répercussions sur les infrastructures.»

La veille, la Seine-et-Marne avait déjà mis le réseau à genoux

Ce scénario du 13 juillet n'était pas une surprise, mais une répétition aggravée. Dès le dimanche 12 juillet, un incendie de végétation en Seine-et-Marne, du côté des Écrennes et du Châtelet-en-Brie, avait paralysé la LGV Sud-Est une bonne partie de l'après-midi et de la soirée. Les TGV venus de Lyon, Marseille, Montpellier, Milan et de Suisse étaient arrivés avec des retards dépassant les six heures pour certains. Le plan Pégase avait alors été déclenché pour éviter l'engorgement des gares parisiennes.

Selon les pompiers, l'incendie avait débuté à 13h45 sur un champ de la commune des Écrennes, non loin de l'autoroute A5. En un peu plus de trois heures, il avait brûlé 300 hectares de chaume et s'était étalé sur plusieurs kilomètres, poussé par le vent vers l'Ouest, franchissant l'A5 et la ligne TGV en direction du Châtelet-en-Brie. Ces feux ont endommagé des câbles de signalisation et bloqué la circulation des trains. Quelque 130 trains ont été affectés au total.

Simultanément, à quelques kilomètres de là, la forêt de Fontainebleau était dévorée par un incendie mobilisant 400 pompiers et, fait inédit en Île-de-France, des avions bombardiers d'eau, tandis que l'A6 restait coupée. Né en fin d'après-midi le long de l'autoroute A6, dans la commune de Noisy-sur-École, le feu s'était propagé dans le massif à une vitesse jugée jusqu'ici réservée au sud de la France, atteignant 800 hectares dès minuit.

La canicule, catalyseur d'une vulnérabilité structurelle

Derrière la chronique des flammes se dessine une question que SNCF Réseau esquive soigneusement. Comment l'axe le plus fréquenté de France - la ligne Paris-Lyon, première liaison ferroviaire du pays - peut-il être mise hors service deux jours de suite par des feux de chaume et de talus, en plein week-end de départs estivaux ?

La canicule maintenait l'Île-de-France sous vigilance rouge ce lundi 13 et ce mardi 14 juillet 2026, avec des maximales qui repartaient à la hausse pour la Fête nationale. Il suffit de quelques mètres de végétation en feu à proximité des caténaires pour que tout un axe se fige - une réalité que la SNCF minimise volontiers dans ses communiqués.

Les perturbations ont entraîné des retards pouvant atteindre six heures et des suppressions de trains pour les opérateurs SNCF et Trenitalia. Les liaisons TGV InOui, Ouigo et Lyria reliant Paris au Sud-Est ont été particulièrement touchées. Des voyageurs ont vécu des nuits entières dans des rames immobilisées. Certains ont finalement atteint leur destination un peu après 5 heures du matin, soit avec huit heures de retard pour une arrivée initialement prévue à 21 heures.

« Dès que le feu sera jugulé, nous enverrons des équipes sur place pour jauger les répercussions sur les infrastructures. »

SNCF Réseau, 13 juillet 2026

Ce qu'il faut retenir

12 juillet - Incendie à Écrennes/Châtelet-en-Brie (Seine-et-Marne) : 300 hectares brûlés, câbles de signalisation endommagés, retards jusqu'à 6h, 130 trains affectés, plan Pégase déclenché.

13 juillet - Double incendie près de Sens (Yonne) : 80 ha de chaumes et 6 ha de sous-bois détruits, 4 blessés dont un pompier, déviation via réseau classique, retards jusqu'à 3h40.

Contexte - Forêt de Fontainebleau : 800 hectares parcourus, 400 pompiers, bombardiers d'eau (une première en Île-de-France), A6 fermée.

Toutes les destinations desservies restaient accessibles selon SNCF, mais aucun délai de compensation n'a été officiellement communiqué aux voyageurs.

Par la rédaction • L'Appel · L'Appel
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