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« Je savais que ce jour-là j’allais mourir » – les mots de l’homme qui a fauché huit passants à Modène

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« Je savais que ce jour-là j’allais mourir » – les mots de l’homme qui a fauché huit passants à Modène

Deux mois après l'attaque à la voiture-bélier du 16 mai, une première victime succombe à ses blessures - la presse italienne révèle le profil complet de l'assaillant et l'héroïsme de simples passants.

Une rue piétonne un samedi après-midi. Une voiture qui accélère brutalement jusqu'à cent kilomètres à l'heure. Des corps qui volent dans les airs. Deux mois plus tard, l'une des victimes s'éteint sans s'être jamais réveillée.

◆ Monica Esposito, la première victime nommée

La presse italienne a donné un nom et un visage à la victime que Le Figaro décrivait seulement comme « une femme de cinquante-cinq ans ». Monica Esposito, originaire d'une commune proche de Modène, est morte mercredi matin à l'hôpital civil de Baggiovara.

Transportée d'abord en réanimation à l'hôpital Maggiore de Bologne dans un état jugé critique dès les premières heures, elle avait été transférée quelques semaines plus tard à Baggiovara, où elle ne s'est jamais réveillée jusqu'à son décès.

Son mari, également fauché ce jour-là mais jamais en danger de mort, poursuit sa rééducation à l'hôpital San Sebastiano de Correggio. Il avait obtenu, ces derniers jours, une permission de sortie pour pouvoir se rendre au chevet de son épouse.

"Une femme de cinquante-cinq ans jamais réveillée depuis le 16 mai, un mari en rééducation qui obtient une permission pour la veiller une dernière fois - la presse italienne restitue un visage humain à un bilan que la dépêche française réduisait à un chiffre."

◆ Le profil complet de l'assaillant

Les médias italiens détaillent un parcours que la presse française n'évoquait qu'à grands traits. Salim El Koudri est né en 1995 à Seriate, dans la province de Bergame, de parents marocains installés à Ravarino, près de Modène, depuis l'an 2000.

Naturalisé italien le 27 septembre 2009, à l'âge de quatorze ans, diplômé en économie d'entreprise mais sans emploi, il était suivi depuis 2022 par un centre de santé mentale pour un trouble schizoïde de la personnalité - sans jamais avoir eu affaire à la justice auparavant.

Le jour des faits, il conduisait une Citroën C3 lancée, selon plusieurs témoins, à une vitesse proche de cent kilomètres à l'heure dans la zone piétonne du centre-ville, sur la célèbre via Emilia. Des passants ont raconté avoir vu les corps de ses victimes projetés dans les airs sous le choc.

Resté un instant bloqué dans son véhicule après l'impact, il en est finalement sorti muni d'un couteau lorsqu'un passant, croyant à un simple malaise au volant, a ouvert sa portière pour lui porter secours - le blessant à la tête avant d'être lui-même maîtrisé par d'autres témoins.

La préfète de Modène, Fabrizia Triolo, avait elle-même détaillé publiquement, dès le lendemain de l'attaque, cet historique de suivi psychiatrique - précisant qu'aucun antécédent judiciaire ne figurait au casier de l'homme avant ce samedi 16 mai.

"Étudiant sans emploi suivi depuis 2022 pour un trouble schizoïde, jamais connu de la justice auparavant - le profil de Salim El Koudri ne correspond à aucun signalement préalable qui aurait pu prévenir le drame."

◆ Des passants érigés en héros, un aveu glaçant en prison

Ce sont de simples citoyens qui ont fini par immobiliser Salim El Koudri avant l'arrivée des forces de l'ordre. Le vice-Premier ministre italien Antonio Tajani les a personnellement remerciés lors d'une visite à Modène, saluant des « citoyens-héros », et le ministère de l'Intérieur étudierait une reconnaissance officielle pour leur geste.

L'affaire a également été inscrite à l'agenda d'une séance plénière du Parlement européen, à la demande du groupe des Conservateurs et réformistes européens et de la délégation Fratelli d'Italia - preuve que ce fait divers local a fini par dépasser les frontières italiennes elles-mêmes.

Selon son avocat, Salim El Koudri aurait confié en détention une phrase qui donne le vertige - il aurait su, ce jour-là, qu'il allait mourir. L'homme s'est jusqu'ici prévalu de son droit au silence face aux enquêteurs, sans jamais s'expliquer publiquement sur son geste.

Deux mois après l'attaque, le bilan s'alourdit donc d'une première victime décédée, tandis que la justice italienne maintient les poursuites sur la seule base de violences aggravées, sans retenir ni la circonstance terroriste ni la préméditation.

Par la rédaction • L'Appel · L'Appel
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