De Saint-Vit à la Haute-Savoie : le Tour de France a traversé notre région avant de foncer vers Paris
Après avoir frôlé Besançon vendredi, la Grande Boucle s'est jouée dans les Vosges samedi. Elle poursuit ce dimanche sa route vers les Alpes, avec Paris en ligne de mire dans une semaine.
Cinq minutes et dix-neuf secondes.
C'est l'écart qui sépare aujourd'hui le jeune Français Paul Seixas, dix-neuf ans, du maillot jaune Tadej Pogačar - et pourtant, cette distance suffit à peine à raconter l'histoire d'un Tour de France 2026 qui a traversé notre région avant de foncer, cols après cols, vers son dénouement parisien.
◆ Quand le Tour a frôlé Besançon
Vendredi 17 juillet, la treizième étape - la plus longue de cette édition avec 205 kilomètres entre Dole et Belfort - a traversé la ville de Saint-Vit, à quelques kilomètres seulement de Besançon. La municipalité s'était mobilisée pour l'occasion : animations, fan zone et pancartes dans les rues, pour accueillir le peloton et soutenir tout particulièrement Romain Grégoire, champion de France de cyclisme sur route 2026, qui a grandi dans la région.
La victoire d'étape est finalement revenue au Suisse Mauro Schmid, échappé du peloton, pendant que les favoris du classement général se surveillaient entre eux sans se livrer bataille. Une journée de transition avant que la montagne ne revienne s'inviter, dès le lendemain, dans le massif des Vosges.
Pour les habitants de Franche-Comté masés le long du tracé, ce passage à Saint-Vit représentait bien plus qu'une simple étape de transition. Voir le peloton du Tour de France traverser sa propre région, avec un enfant du pays dans le groupe de tête, reste toujours un moment rare pour les amateurs de cyclisme locaux.
◆ Le tournant des Vosges
Samedi 18 juillet, la 14e étape entre Mulhouse et Le Markstein a rebattu les cartes. À un peu plus d'un kilomètre et demi du sommet du col du Haag - une route forestière transformée en voie cyclable, inédite sur le Tour -, Tadej Pogačar s'est levé sur les pédales et a disparu dans la pente à 7,3 %. Personne n'a pu le suivre.
Le Slovène a filé seul vers l'arrivée, décrochant sa quatrième victoire d'étape de cette édition - la vingt-cinquième de sa carrière sur le Tour. Il a franchi la ligne trente-huit secondes devant son propre coéquipier Isaac del Toro et le jeune Français Paul Seixas, sprintant tous deux pour la deuxième place.
La course est loin d'être terminée
- Jonas Vingegaard, après la 14e étape
Une déclaration de principe plus qu'un pronostic : l'écart entre les deux hommes a bondi à 4 minutes et 30 secondes au classement général. Pogačar lui-même n'a pas caché son émotion face au public massé dans les Vosges, qu'il a qualifié d'«inoubliable».
◆ Ce dimanche, la course continue vers les Alpes
Ce 19 juillet, la 15e étape relie Champagnole, dans le Jura, au redoutable plateau de Solaison, en Haute-Savoie, sur près de 184 kilomètres. Départ donné à 13h10, arrivée prévue en fin d'après-midi au sommet d'une ascension inédite sur le Tour : 11,3 kilomètres à 9,1 % de moyenne, avec les premiers kilomètres au-delà de 10 %.
Le parcours du jour enchaîne, dans les cinquante derniers kilomètres, le col de la Croisette (4,6 km à 11,2 %) et la côte du Mont (2,1 km à 8,3 %) avant cette arrivée au sommet. De quoi, selon plusieurs observateurs spécialisés, définitivement figer la hiérarchie du classement général avant la dernière semaine de course - à moins que Tadej Pogačar ne laisse, cette fois, leur chance aux coureurs échappés.
◆ Le classement général, verrouillé ou presque
À l'entame de cette 15e étape, la hiérarchie s'établit ainsi : Tadej Pogačar (UAE Team Emirates XRG) en tête, Jonas Vingegaard (Visma-Lease a Bike) à 4 minutes 30, Remco Evenepoel (Belgique) à 5 minutes 4, et le Français Paul Seixas, dix-neuf ans, quatrième à 5 minutes 19 - porteur, depuis samedi, du maillot blanc de meilleur jeune, ravi à Isaac del Toro pour trois petites secondes.
Derrière ce quatuor de tête, Florian Lipowitz pointe à 5 minutes 44, Isaac del Toro à seulement six secondes de lui, et Mattias Skjelmose complète le top 8 à 7 minutes 35. Côté classement par points, la bataille pour le maillot vert reste elle aussi disputée entre Jasper Philipsen, Mads Pedersen et Biniam Girmay, séparés par quelques dizaines de points seulement.
La performance de Paul Seixas mérite qu'on s'y arrête. À dix-neuf ans, le prodige français a d'abord terminé troisième de l'étape du Markstein, juste derrière Isaac del Toro, avant de s'emparer du maillot blanc. L'ancien champion Thibaut Pinot, lui-même retraité du peloton, ne tarissait pas d'éloges à son sujet, estimant que le jeune coureur possédait déjà «les jambes pour faire un podium» à Paris.
◆ Combien de temps encore avant Paris
Le peloton profitera d'une journée de repos ce lundi 20 juillet en Haute-Savoie, avant d'attaquer, dès mardi, un contre-la-montre individuel de 26 kilomètres entre Évian-les-Bains et Thonon-les-Bains. Suivront une étape vers Voiron le 22 juillet, puis plusieurs journées encore à travers les Alpes, où figure notamment un double passage par l'Alpe d'Huez - une première depuis l'édition 2022.
Le rideau tombera dimanche 26 juillet à Paris, pour une arrivée qui empruntera cette année les pentes de Montmartre plutôt que la seule ligne droite des Champs-Élysées - une nouveauté saluée par la forte affluence et l'audience télévisée record de l'édition précédente. Sauf effondrement spectaculaire dans les jours qui viennent, c'est à Tadej Pogačar que devrait revenir, une fois de plus, le maillot jaune final.
D'ici là, il reste encore sept étapes à parcourir, dont plusieurs journées de haute montagne où les écarts actuels pourraient, en théorie, encore se resserrer ou au contraire se creuser davantage. Jonas Vingegaard l'a rappelé lui-même : la course n'est jamais vraiment terminée tant que le peloton n'a pas atteint Paris.