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Après cent six minutes de résistance argentine, l’Espagne est sacrée championne du monde

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Après cent six minutes de résistance argentine, l’Espagne est sacrée championne du monde

Un centre de Porro, une tête de Williams, une reprise de Ferran Torres : il aura fallu la prolongation pour départager, dans la toute première finale mondiale de leur histoire, deux géants que tout séparait sauf l'envie de soulever le trophée.

Le ballon traverse la surface, dévié d'un front espagnol vers un second, et finit sa course au fond des filets d'Emiliano Martinez. Il est 22h46 à East Rutherford, 106e minute d'une finale que personne, jusque-là, n'avait réussi à débloquer. Ferran Torres vient d'offrir à l'Espagne son deuxième titre mondial de l'histoire, seize ans après le premier, décroché en Afrique du Sud. Score final : 1-0, au terme d'une prolongation à couper le souffle face à une Argentine venue défendre son trône jusqu'à l'épuisement.

 Un verrou qui a résisté cent six minutes

Il fallait bien une action ciselée pour faire céder un adversaire aussi hermétique. Sur un centre de Pedro Porro depuis le flanc droit, Nico Williams remise magnifiquement de la tête, dans la course de Ferran Torres. L'attaquant du Barça n'a besoin que d'un contact pour ajuster sa reprise, sans laisser la moindre chance au gardien argentin. Une action éclair, née en quelques secondes, pour faire tomber un mur qui avait tenu tout le match.

« Une action née en quelques secondes, pour faire tomber un mur qui avait tenu tout le match »

Ce but reste, à l'arrivée, la seule frappe cadrée de toute la rencontre à trouver le chemin des filets, sur un total de onze tirs cadrés espagnols contre zéro côté argentin, un chiffre qui résume à lui seul l'écart de domination entre les deux équipes sans jamais expliquer, à lui seul, pourquoi il aura fallu attendre si longtemps pour voir l'Espagne concrétiser.

 Une nuit d'anniversaire cruelle pour Messi

Le symbole était trop fort pour être ignoré : Lionel Messi fêtait, ce dimanche soir, ses 39 ans sur la pelouse même où se jouait peut-être le tout dernier match de sa carrière en Coupe du monde. Face à lui, Lamine Yamal, 19 ans, tentait de décrocher son premier sacre mondial, dans un duel de générations que les médias du monde entier avaient annoncé toute la semaine. Le match, pourtant, n'aura pas offert à l'octuple Ballon d'or l'occasion de briller une dernière fois sous ces couleurs : peu de ballons touchés, peu de fulgurances, et davantage de passes imprécises qu'à l'accoutumée pour l'Argentin.

« Un duel de générations, entre celui qui ferme peut-être son histoire mondiale et celui qui commence la sienne »

 Une fin de match à dix contre onze

La dramaturgie de cette finale ne s'est pas arrêtée au but de Ferran Torres. Dans les arrêts de jeu de la seconde période de prolongation, déjà averti d'un premier carton jaune, le milieu argentin Enzo Fernandez fauche Pau Cubarsi et écope d'un second avertissement, synonyme d'exclusion immédiate. L'Argentine termine la rencontre à dix contre onze, contrainte de défendre son mince retard au score dans une infériorité numérique qui ne laissait plus la moindre marge d'erreur.

Le dénouement n'en devient que plus haletant : sur l'ultime occasion du match, à la 120e minute, un centre ras de terre de Giuliano Simeone manque de peu de créer l'exploit, sauvé de justesse en corner par un Pau Cubarsi déjà héroïque. L'arbitre slovène Slavko Vinčić, 46 ans, premier officiel de son pays à diriger une finale mondiale, siffle la fin de la partie quelques instants plus tard, scellant définitivement le sort de la rencontre.

 Le rempart Martinez n'aura pas suffi

Il faut rendre justice à une Albiceleste qui n'a jamais rompu, malgré une domination espagnole écrasante tout au long de la rencontre : 68 % de possession de balle, vingt tirs tentés contre trois pour l'Argentine, neuf corners contre quatre. Le gardien Emiliano Martinez, déjà héros de la finale 2022, a une nouvelle fois multiplié les parades décisives, repoussant à lui seul dix tentatives espagnoles avant de finalement céder sur l'action de Ferran Torres.

« Un mur qui a tenu jusqu'à la 106e minute, avant de finalement céder sur un seul ballon mal maîtrisé »

Cette résistance, aussi héroïque fût-elle, n'a jamais suffi à générer le moindre danger réel devant le but espagnol : l'Argentine n'a tenté ses deux seules frappes cadrées de la soirée qu'une fois menée au score, un choix tactique ultra-défensif assumé jusqu'au bout par Lionel Scaloni, qui n'aura pas suffi à ramener l'Albiceleste vers une séance de tirs au but qui aurait pu tout changer.

 Seize ans après l'Afrique du Sud, l'Espagne retrouve son trône

Pour la Roja, ce succès referme une attente de seize longues années. Champions du monde une première fois en 2010 en Afrique du Sud, les Espagnols renouent avec le sommet mondial après avoir déjà conquis, deux ans plus tôt, le titre continental européen. Un doublé Euro-Mondial qui installe cette génération, portée par Lamine Yamal, Pedri et Rodri, parmi les plus abouties de l'histoire du football espagnol.

Pour l'Argentine, la désillusion est à la mesure de l'enjeu : une quatrième défaite en finale de Coupe du monde, après celles de 1930, 1990 et 2014, pour seulement trois sacres glanés en 1978, 1986 et 2022. L'Albiceleste cède ainsi sa couronne mondiale quatre ans seulement après l'avoir conquise au Qatar, dans un match qui restera aussi comme la première finale de l'histoire à avoir opposé ces deux nations pourtant parmi les plus titrées de la planète football.

Sur la pelouse du MetLife Stadium, tandis que les joueurs espagnols s'effondrent de joie les uns sur les autres, une image restera sans doute plus longtemps gravée que n'importe quelle statistique : celle d'un Lionel Messi de 39 ans, sonné, regardant s'éloigner peut-être sa dernière chance de soulever un trophée que l'histoire venait, cette nuit-là, de refuser une quatrième fois à l'Argentine.

Par la rédaction • L'Appel · L'Appel
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