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À Nice, un faux bagagiste vide la chambre d’un couple ukrainien pendant que l’hôtel de luxe ne voit rien

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À Nice, un faux bagagiste vide la chambre d’un couple ukrainien pendant que l’hôtel de luxe ne voit rien

Une carte magnétique échangée en un instant, une chambre entièrement vidée : le préjudice atteint près de 100 000 euros à l'AC Hotel Nice by Marriott.

Cent mille euros. Une carte magnétique. Et un homme jamais revu.

◆ Un service rendu, une carte échangée

Vendredi 17 juillet, en fin d'après-midi, la Promenade des Anglais vit encore au rythme de la saison touristique. Un couple de vacanciers ukrainiens installés en Allemagne franchit les portes de l'AC Hotel Nice by Marriott, un établissement quatre étoiles du groupe Marriott qui domine le front de mer.

L'enregistrement à l'accueil se déroule sans accroc, jusqu'à ce qu'un homme d'une cinquantaine d'années les aborde dans le hall. Il se présente comme un membre du personnel de l'établissement et propose spontanément de porter leurs bagages jusqu'à la chambre.

Rien, dans son attitude ni dans sa tenue, ne laisse deviner qu'il n'a jamais travaillé pour l'hôtel. Le couple, rassuré par ce qu'il prend pour un simple geste de service, le suit sans méfiance.

Le temps d'un trajet en ascenseur, la carte magnétique de la chambre change de main - et personne, dans le couple, ne s'en aperçoit.

Durant le court trajet vers l'étage, l'homme profite d'un instant d'inattention pour substituer la carte d'accès de la chambre par une autre, sans éveiller le moindre soupçon. Les vacanciers s'installent, ignorant tout de l'échange.

◆ Une soirée normale, un retour impossible

En soirée, le couple quitte l'hôtel pour dîner, laissant la chambre - et son contenu - derrière lui. Rien, à ce stade, ne distingue leur séjour de celui de milliers d'autres visiteurs venus profiter de l'été niçois, entre plage, restaurants et promenade en front de mer.

Vers une heure du matin, de retour à l'hôtel, les deux vacanciers glissent leur carte dans le lecteur de la porte. Elle ne répond plus. Il faut l'intervention du personnel de nuit pour parvenir à rouvrir la chambre.

La porte s'ouvre enfin sur une chambre entièrement fouillée : vêtements, bijoux et espèces ont disparu.

L'inventaire du préjudice, dressé dans les heures suivantes, laisse les victimes sous le choc. Objets personnels, effets de valeur, numéraire : la quasi-totalité des biens laissés dans la pièce s'est volatilisée pendant leur absence.

◆ Une enquête ouverte, un homme toujours recherché

Interrogé par le service police-justice de TF1-LCI, le procureur de la République de Nice, Damien Martinelli, confirme l'ampleur du préjudice : environ 100 000 euros de biens dérobés en une seule soirée.

Une enquête pour vol aggravé a été ouverte et la plainte des victimes recueillie. À ce stade, l'homme qui s'est fait passer pour un employé de l'hôtel reste non identifié ; aucune interpellation n'a été annoncée.

La qualification de vol aggravé, prévue par l'article 311-4 du code pénal, recouvre notamment les vols commis dans un lieu habité ou facilités par une fausse qualité : elle expose son auteur à des peines pouvant atteindre cinq ans d'emprisonnement et 75 000 euros d'amende, contre trois ans pour un vol simple.

Un couloir d'hôtel, un ascenseur, quelques minutes d'inattention : le vol n'a nécessité ni effraction ni violence, seulement une confiance mal placée.

Chaque été, les hôtels de standing de la Côte d'Azur attirent une clientèle internationale fortunée. Cette concentration de richesse saisonnière en fait aussi, de façon récurrente, une cible pour ce type d'escroquerie de proximité, fondée moins sur la technique que sur l'apparence et la confiance.

Ce genre d'affaire pousse habituellement les établissements hôteliers à revoir leurs procédures : vérification systématique des badges du personnel, contrôle renforcé des accès aux étages, formation des équipes d'accueil à repérer les intrus. Reste à savoir si l'homme agissait seul, et s'il a déjà sévi ailleurs sur la Côte d'Azur - deux questions que l'enquête devra trancher.

Ni effraction, ni caméra déjouée, ni complicité recherchée : juste un uniforme improvisé et une carte magnétique glissée dans une poche, le temps d'un trajet en ascenseur. À Nice, l'enquête se poursuit.

Par la rédaction • L'Appel · L'Appel
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