mardi 21 juillet 2026, 04:20 📌 Ajouter L'Appel sur Google
⚡ DERNIÈRES
Actualités

0-4 à la mi-temps, 4-6 au coup de sifflet : la France a offert à Deschamps un adieu digne du Qatar 2022

La voix de ceux qui n'ont pas de voix
Actualités

0-4 à la mi-temps, 4-6 au coup de sifflet : la France a offert à Deschamps un adieu digne du Qatar 2022

Une remontada folle a failli sauver l'honneur des Bleus. Mais l'effondrement du premier acte, lui, restera comme l'un des plus embarrassants de l'histoire des Bleus en Coupe du monde.

0-4.

C'est le score à la mi-temps de la petite finale entre la France et l'Angleterre, cette nuit à Miami. Un premier acte que le journaliste belge Benoît Robaye qualifie sobrement de «catastrophique» - le mot est faible pour décrire l'effondrement d'une équipe qui, quelques jours plus tôt, restait sur un parcours quasi injouable.

 Un premier acte indéfendable

Declan Rice ouvre le score. Puis Ezri Konsa double la mise. Puis Bukayo Saka, encore lui, inscrit un doublé avant la pause. Quatre buts anglais, quatre défenseurs français dépassés, et une équipe de France methodiquement démontée en quarante-cinq minutes, sous les yeux d'un Didier Deschamps qui disputait là son tout dernier match sur le banc des Bleus.

Quatre buts encaissés en une seule mi-temps de Coupe du monde : ce n'est pas un accident tactique, c'est un naufrage collectif en direct.

 La remontada qui a failli tout changer

Ce qui s'est passé ensuite tient de l'incompréhensible, dans le bon comme dans le mauvais sens. Kylian Mbappé réduit d'abord l'écart. Bradley Barcola ramène la France à 2-4. Puis Mbappé, encore lui, inscrit un second but personnel : 3-4. En l'espace d'une mi-temps, les Bleus semblaient sur le point de réaliser l'impossible.

Il aura manqué un rien. Michael Olise, seul face au but après une action individuelle éblouissante, avait la balle de l'égalisation au bout du pied. Il l'a manquée. Ce raté résume à lui seul la soirée : une équipe capable du meilleur et du pire, parfois à quelques secondes d'intervalle.

 Saka, le bourreau au triplé

La suite a été cruelle. Bukayo Saka, déjà auteur d'un doublé en première période, s'est offert un triplé pour porter le score à 3-5. Ousmane Dembélé a bien réduit l'écart à 4-5, mais Jude Bellingham a scellé le sort du match : 4-6, score final, victoire anglaise.

Trois buts inscrits par un seul homme, dans un match aussi décousu : Bukayo Saka aura été, à lui seul, le symbole de tout ce qui a manqué à cette défense française cette nuit-là - de la vigilance, de la fraîcheur, et sans doute une part de cette solidité qui avait caractérisé les Bleus tout au long du tournoi.

Mbappé, seul rescapé d'un naufrage collectif

Il y a une ironie amère dans cette soirée : au milieu de cet effondrement défensif généralisé, Kylian Mbappé est devenu, avec ses deux buts inscrits contre l'Angleterre, le meilleur buteur de l'histoire de la Coupe du monde - un record individuel obtenu le soir même où son équipe touchait le fond collectivement.

Ce match-là ne va pas entacher la légende de Didier Deschamps

- Kylian Mbappé, après la rencontre

Une déclaration loyale envers son sélectionneur, mais qui ne suffit pas à effacer la question qui se pose désormais : comment une équipe encore capable d'inscrire trois buts en une seule mi-temps pour revenir dans un match peut-elle, dans le même match, en encaisser six ?

Une sortie que Deschamps ne méritait pas

Après quatorze années sur le banc des Bleus, un titre mondial en 2018 et une finale perdue aux tirs au but en 2022, Didier Deschamps aura vécu son tout dernier match à la tête de l'équipe de France sur cette défaite à dix buts - l'une des plus lourdes encaissées par une sélection tricolore dans l'histoire récente du tournoi.

Sur le plan humain, ça a été une très belle aventure avec eux

- Didier Deschamps, au terme de son dernier match

La pudeur de cette déclaration contraste violemment avec la brutalité du score. Deschamps méritait sans doute mieux qu'un naufrage à 0-4 pour clore quatorze ans de service. Ses joueurs, eux, lui devaient bien davantage qu'une simple remontada inachevée.

 Une question qui restera sans réponse tant que Zidane n'aura pas tranché Zinédine Zidane, pressenti pour reprendre les rênes des Bleus, hérite d'une équipe aux deux visages : celle capable d'inscrire quatre buts en une demi-heure pour revenir de nulle part, et celle qui s'était effondrée quarante-cinq minutes plus tôt face aux mêmes adversaires. Les deux images resteront, à parts égales, de cette nuit de Miami.

Le tableau d'affichage, lui, ne retiendra qu'un chiffre : 4-6. Score final, petite finale, Coupe du monde 2026. Un chiffre qui, quoi qu'on en dise, ne ressemble à rien de ce que cette génération de Bleus avait laissé espérer.

Par la rédaction • L'Appel · L'Appel
Partager :
100%