Chamars retrouve ses couleurs républicaines
Pour la troisième année consécutive, Besançon a rendu hommage ce 14 juillet à ses forces armées, de sécurité et de secours - avec, cette année, une première historique pour la police municipale
Le boulevard Charles de Gaulle a vibré ce matin au pas cadencé de 433 hommes et femmes en uniforme, sous le regard des Bisontins venus en nombre. Une cérémonie sobre et dense, portée par un trio d'autorités civiles et militaires - et marquée par un symbole fort que Ludovic Fagaut n'aura pas manqué de revendiquer.
Il était onze heures passées quand le silence s'est installé sur le boulevard Charles de Gaulle. Le Doubs coulait en contrebas, indifférent, pendant que les tribunes se remplissaient des familles bisontines venues regarder défiler ceux qui, toute l'année, travaillent dans l'ombre de la République.
La Ville de Besançon renouvelle, pour la troisième année consécutive, le format de la cérémonie militaire et du défilé du 14 juillet à Chamars. Un choix assumé, ancré dans l'histoire longue de la ville. Ce choix s'inscrit dans une tradition historique, puisque jusqu'à la fin des années 1980, le défilé militaire du 14 juillet se tenait régulièrement à Chamars, ancien Champ de Mars de la ville. Retour aux sources, donc - avec un format modernisé et une ambition élargie.
Trois autorités, une seule estrade
C'est à l'initiative des forces armées que Rémi Bastille, préfet du Doubs, Ludovic Fagaut, maire de Besançon et président de Grand Besançon Métropole, et le général de division Bruno Helluy, commandant la 1re division, commandant d'armes de la garnison et délégué militaire départemental du Doubs, ont renouvelé ce rendez-vous annuel. Bruno Helluy, absent ce matin, était représenté par son adjoint. C'est donc le général de brigade Maxime Do Tran, commandant la 7e brigade blindée, qui a conduit la revue des effectifs devant les tribunes disposées le long du boulevard.
La cérémonie a comporté une présentation des unités, une inspection des troupes, les honneurs à l'étendard, l'accueil des autorités, et une remise de décoration. Un détachement de jeunes du Service National Universel (SNU) était également présent. Ces volontaires, alignés en rangs serrés, incarnaient une autre facette de l'engagement civique - moins médiatique, tout aussi réelle.
433 femmes et hommes, 51 véhicules
À onze heures trente, le défilé s'est élancé. Il s'est déroulé boulevard Charles de Gaulle, le long de Chamars, dans le sens pont-mairie. Les chiffres, eux, donnent la mesure de l'événement. Au total, 433 personnes et 51 véhicules ont défilé, parmi lesquels 160 militaires de la garnison de Besançon, 110 gendarmes, 60 jeunes sapeurs-pompiers du Doubs, ainsi que des représentants de la police nationale, des douanes, de l'administration pénitentiaire et des services de secours.
Le défilé des troupes à pied comprenait le chef de corps du 6e régiment du Matériel (6e RMAT), l'étendard et sa garde, ainsi qu'une cinquantaine de militaires du 6e RMAT, une cinquantaine de militaires du 19e régiment du génie (19e RG) et un détachement de 50 jeunes sapeurs-pompiers. Le défilé motorisé, quant à lui, était composé d'un détachement de motocyclistes de la gendarmerie, de la police nationale, des douanes, de la police municipale, d'une quinzaine de véhicules militaires du 6e RMAT et du 19e RG, ainsi que d'une quinzaine de véhicules du corps des sapeurs-pompiers du Doubs.
La police municipale entre dans le rang
La nouveauté de cette édition 2026 portait un sens politique que personne n'a ignoré. Pour la première fois, deux véhicules de la Police municipale de Besançon ont pris part au défilé, illustrant l'engagement quotidien des agents au service de la sécurité, de la proximité et de la tranquillité publique.
La participation au défilé de véhicules et de motos de la police municipale, avec un effectif renforcé, est une première dans l'histoire de la cérémonie bisontine. Pour Ludovic Fagaut, dont la politique sécuritaire - armement de la police municipale, arrêté anti-mendicité agressive - définit depuis cent jours les premiers contours de son mandat, ce baptême du feu républicain sonnait comme une validation symbolique. La police de proximité, désormais armée et visible, s'invite au défilé national.
Un 14 juillet sous double drapeau
Cette journée ne se résumait pas à la cérémonie du matin. La journée de Fête nationale était rythmée par les cérémonies officielles, un pique-nique citoyen, un concert populaire, une retransmission sur écran géant de la demi-finale de la Coupe du monde de football entre la France et l'Espagne, le feu d'artifice et le traditionnel bal des pompiers.
Un 14 juillet sous double drapeau, donc - tricolore le matin, bleu des Bleus le soir. Pour la demi-finale de Coupe du Monde opposant la France à l'Espagne, une fan zone avec écran géant de 28 m² a été installée sur le parking Battant, avec une jauge limitée à 10 000 personnes. Le traditionnel feu d'artifice, lui, était prévu depuis la Tour Carrée à partir de 23 heures, avec une clause de report en cas de prolongation du match - une concession inédite du soldat au footballer.
Cette année, une nouveauté s'ajoutait au programme traditionnel : un village militaire installé sur la promenade de Chamars, permettant aux Bisontins de découvrir les équipements et les visages de la garnison locale entre le défilé et les festivités du soir.
« Ce rendez-vous rend hommage aux forces armées, de sécurité et de secours »
Rémi Bastille, préfet du Doubs, Ludovic Fagaut, maire de Besançon, et le général de division Bruno Helluy
Les chiffres du défilé 2026
433 participants (hors organisation) et 51 véhicules engagés
160 militaires de la garnison, 110 gendarmes, 60 jeunes sapeurs-pompiers du Doubs Première participation de véhicules et motos de la police municipale bisontine Défilé motorisé dans le sens pont Charles de Gaulle vers la mairie, à partir de 11h30