Une Française parmi les personnes non localisées : l’incendie d’Almería s’alourdit à douze morts et vingt-trois disparus
Disparue en mars 2024 à Dresde, une femme de 43 ans n'avait laissé aucune trace jusqu'à la découverte, en avril dernier, d'un fragment osseux au pied d'une ancienne forteresse. Il se trouvait sur le chemin qu'elle empruntait presque chaque jour - et il reste, à ce jour, le seul indice retrouvé.
Une Française manque à l'appel. C'est ce qu'a confirmé samedi le ministère français des Affaires étrangères, précisant qu'aucune certitude n'existe à ce stade sur son sort - elle figure simplement, comme vingt-deux autres personnes, parmi celles que l'Espagne ne parvient toujours pas à localiser après l'incendie qui ravage la province d'Almería depuis jeudi.
◆ Une compatriote parmi les personnes non localisées
Selon les informations obtenues par l'agence espagnole EFE, l'ambassade de France à Madrid et le consulat général à Séville maintiennent un contact permanent avec les autorités nationales et régionales espagnoles, et se disent pleinement mobilisés pour soutenir la famille de cette femme. Les sources du ministère insistent sur un point : à ce jour, rien ne confirme son décès, et son nom figure seulement parmi les personnes dont la localisation reste à établir - un statut que les autorités espagnoles préfèrent d'ailleurs, précisent-elles, appeler "non localisées" plutôt que "disparues", tant qu'aucune certitude n'est acquise.
Sur les vingt-trois personnes concernées, seules sept ont fait l'objet d'un signalement formel de disparition. Les autorités n'excluent pas qu'une partie d'entre elles aient simplement été évacuées sans encore avoir pu joindre leurs proches. Le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, s'est par ailleurs entretenu avec ses homologues britannique et belge, la majorité des victimes décédées étant, selon les premiers éléments, de nationalité britannique ou belge.
Elle ne figure ni parmi les morts confirmés ni parmi les personnes localisées : elle est, comme vingt-deux autres, quelque part entre les deux.
Un bilan alourdi, un feu qui a doublé de surface
Le bilan humain s'est aggravé depuis nos premières informations : les autorités andalouses recensent désormais douze morts, contre onze jeudi et vendredi, et dix-huit blessés pris en charge par les services de secours, dont cinq hospitalisés pour des brûlures. Parmi eux, une personne reste en état très grave en soins intensifs à l'hôpital universitaire Torrecárdenas, et quatre autres, âgées de 48 à 61 ans, demeurent hospitalisées dans un état grave à l'unité des grands brûlés de l'hôpital Virgen del Rocío, à Séville.
L'incendie lui-même a plus que doublé de surface en l'espace d'une journée : il a désormais ravagé environ 6 600 hectares, contre 3 150 vendredi, et reste actif sur plusieurs fronts, avec des reprises de feu qui compliquent les opérations. Plus de 540 effectifs terrestres, dont des membres de l'Unité militaire d'urgence, appuyés par des moyens aériens, poursuivent la lutte. Les autorités espèrent qu'une hausse de l'humidité prévue cette nuit facilitera une attaque directe des flammes.
Des recherches actives, des identifications en cours
La Garde civile maintient des battues actives dans les zones touchées pour localiser d'éventuelles victimes supplémentaires, en parallèle des opérations de sécurisation du périmètre de l'incendie. Les corps des personnes décédées restent à ce stade non identifiés formellement : des échantillons ADN ont été envoyés au service de criminalistique de la Garde civile à Madrid pour analyse.
Samedi soir, plus de 600 personnes évacuées des hameaux de Los Castaños, Almocáizar et Alfaix, ainsi que du camping de Los Gallardos, ont pu regagner leur domicile en toute sécurité, a annoncé le vice-président de la Junta d'Andalousie, Antonio Sanz. Signe de la gravité de la situation, le président du gouvernement espagnol Pedro Sánchez a par ailleurs reporté au 15 juillet la cérémonie de démolition de la grille frontalière de La Línea de la Concepción, initialement prévue lundi, en signe de deuil pour les douze victimes de l'incendie. L'agence météorologique espagnole Aemet a de son côté averti d'un risque "extrême" lié aux fortes chaleurs attendues ce week-end sur une large partie de la péninsule.
Comme nous l'écrivions dans notre analyse de vendredi, l'essentiel des victimes a péri après s'être écarté de l'itinéraire d'évacuation officiel, dans une commune de montagne ne comptant que deux routes de sortie. Cette Française sans nom, quelque part entre les listes de morts non identifiés et de personnes simplement injoignables, rappelle qu'au-delà des chiffres qui s'alourdissent chaque jour, cet incendie continue de tenir des familles entières - espagnoles, britanniques, belges, et désormais françaises - dans une attente que ni les statistiques ni les communiqués officiels ne suffisent à apaiser.