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À Berlin, une caissière retenue onze heures durant sous la menace d’un couteau dans son propre supermarché

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À Berlin, une caissière retenue onze heures durant sous la menace d’un couteau dans son propre supermarché

Un homme a pris en otage une employée d'un Rewe de Marienfelde vendredi soir, juste avant la fermeture. Il aura fallu toute une nuit de négociation et un assaut au Taser, samedi matin, pour y mettre fin. Son identité et ses motivations restent, à ce stade, totalement inconnues.

Le couteau était très grand, se souviendra plus tard un jeune employé encore sous le choc. À quelques minutes de la fermeture, un client refuse simplement de poser ses articles sur le tapis de caisse. L'instant d'après, une lame est sortie, une caissière est prise au piège, et un quartier tranquille du sud de Berlin bascule pour onze heures dans l'attente.

 Un magasin qui allait fermer ses portes

Il est un peu plus de 22 heures, vendredi, dans le supermarché Rewe de la Hildburghauser Straße, à l'angle du Tirschenreuther Ring. Marienfelde, quartier du sud berlinois fait de maisons individuelles et de petits immeubles, entouré d'écoles et de crèches, s'apprête à une soirée ordinaire de fin de semaine. Dans le magasin, un employé de 22 ans s'apprête à inviter les derniers clients à sortir. C'est à cet instant qu'un homme, resté jusque-là dans la file d'attente, refuse de déposer ses articles sur le tapis de caisse - et sort un couteau.

« Le couteau était déjà très grand »

 un employé du magasin, 22 ans

En quelques secondes, la situation bascule : l'homme prend une caissière sous sa menace et la retient captive à l'intérieur du magasin. Dehors, l'alerte est donnée. La police confirme rapidement qu'il s'agit d'une prise d'otage, tout en précisant qu'aucune autre personne ne se trouve alors dans les lieux.

 Une nuit entière sous la garde des tireurs d'élite

Toute la nuit, les rues autour du supermarché restent quasiment désertes - seuls quelques passants isolés croisent encore, au loin, les véhicules de police massés près d'une station-service voisine. Le commando spécial d'intervention (SEK) se positionne face au bâtiment, accompagné de policiers spécialement formés à ce type de situation. Un négociateur reste en contact permanent avec le preneur d'otage pendant des heures, sans que la moindre information ne filtre sur son identité, son âge ou ses motivations.

"Nous sommes en contact avec l'homme", indiquera simplement, vers 8h30 samedi matin, le porte-parole de la police Stefan Petersen-Schümann, sans plus de détails - la police justifiant cette discrétion par des raisons tactiques, l'opération étant toujours en cours. Pendant ce temps, la caissière reste seule face à son agresseur, quelque part entre les rayons d'un magasin qu'elle connaît par cœur et qui, cette nuit-là, s'est transformé en un lieu qu'elle n'aurait jamais imaginé.

Une nuit entière, un négociateur au téléphone, et une femme seule derrière des rayons qu'elle connaissait par cœur.

 L'assaut, sans un coup de feu

Il est 9h20, samedi matin, lorsque les forces spéciales décident d'agir. En quelques secondes, elles neutralisent l'homme à l'aide d'un Taser - une arme à impulsion électrique conçue pour immobiliser temporairement une personne sans recourir aux armes à feu - et libèrent la caissière, retenue depuis plus de onze heures. "L'auteur est maîtrisé, l'otage est libérée", annoncera le porte-parole Florian Nath à l'agence de presse allemande dpa, précisant qu'aucun coup de feu n'a été tiré durant toute l'opération.

Le suspect, légèrement blessé lors de l'intervention, est transporté à l'hôpital. La jeune femme, elle, y est également conduite, en état de choc, sans blessure grave selon les premiers éléments communiqués par la police. "Heureusement, personne n'a été sérieusement blessé ici", résumera Nath, tout en reconnaissant ne pas pouvoir, à ce stade, donner davantage de précisions sur son état.

 Un homme sans nom, une enquête qui commence

Reste, une fois la tension retombée, tout ce que cette nuit n'a pas révélé. L'identité exacte du preneur d'otage, son âge, sa nationalité, et surtout ce qui a pu le pousser à sortir un couteau pour un simple refus de poser des articles sur un tapis de caisse : autant de questions qui demeurent, à l'heure où nous publions, sans réponse officielle. Le parquet de Berlin a repris la main sur l'enquête ; des techniciens de la police scientifique ont passé le magasin au peigne fin, et plusieurs témoins, employés présents au moment des faits, ont été entendus derrière le cordon de sécurité.

Dans ce quartier résidentiel où les habitants ont l'habitude de croiser les mêmes visages entre une école et une crèche, l'énigme reste entière : comment une soirée de fermeture ordinaire, dans un supermarché comme tant d'autres, a-t-elle pu se transformer en l'espace de quelques secondes en onze heures de siège ? La réponse, pour l'instant, appartient tout entière à un homme dont la police elle-même ignore encore le nom.

Par la rédaction • L'Appel · L'Appel
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