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Ann Widdecombe tuée dans sa maison du Dartmoor : le suspect arrêté a été relâché, l’enquête pour meurtre repart sans piste

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Ann Widdecombe tuée dans sa maison du Dartmoor : le suspect arrêté a été relâché, l’enquête pour meurtre repart sans piste

La police du Devon et de Cornouailles a libéré, samedi matin, le seul homme interpellé dans cette affaire, sans en préciser la raison. L'ancienne figure du Parlement britannique avait été retrouvée sans vie jeudi, « grièvement blessée », à son domicile.

Une arrestation, puis plus personne. Le suspect de 26 ans interpellé vendredi dans l'enquête sur la mort d'Ann Widdecombe, ancienne ministre et députée britannique âgée de 78 ans, a été remis en liberté samedi matin. La police du Devon et de Cornouailles a indiqué qu'il ne faisait plus partie de l'enquête, sans détailler les raisons de cette décision ni annoncer de nouvelle arrestation. L'enquête pour meurtre, ouverte à peine 24 heures plus tôt, se retrouve ainsi sans suspect identifié.

 Une libération sans explication officielle

Le communiqué des forces de l'ordre reste, sur ce point précis, particulièrement laconique : l'homme de 26 ans, de nationalité britannique, interpellé vendredi après-midi à Newton Abbot, à une quinzaine de kilomètres du domicile de la victime, a été relâché sans qu'aucune charge ne soit retenue contre lui. Aucun élément d'alibi, de résultat d'expertise ou de témoignage disculpatoire n'a été rendu public pour justifier cette décision.

Cette absence de justification n'est pas exceptionnelle dans la procédure pénale britannique, où la police communique rarement sur les motifs précis d'une remise en liberté tant que l'enquête reste ouverte, afin de ne pas compromettre d'éventuelles pistes parallèles. Elle laisse toutefois un vide inconfortable pour l'opinion publique, dans une affaire déjà marquée par l'absence de mobile établi.

 Ce que l'on sait, à ce stade, des causes de la mort

Les circonstances exactes du décès restent, elles aussi, incomplètement établies. Les policiers appelés à son domicile de Haytor Vale, en bordure du parc national du Dartmoor, jeudi vers 11h40, ont trouvé Ann Widdecombe sans vie, ayant « subi de graves blessures », selon la formule officielle des forces de l'ordre, qui n'a pas précisé leur nature exacte ni leur localisation sur le corps.

Le tabloïd britannique The Sun, citant des sources proches du dossier, avance qu'elle aurait été découverte par son auxiliaire de vie avec une importante blessure à la tête, information que la police n'a ni confirmée ni démentie publiquement. Une ambulance avait été appelée sur place avant que l'équipe médicale n'alerte elle-même les forces de l'ordre, dans un premier temps sans évoquer d'acte criminel.

Ce n'est que vendredi, au lendemain de la découverte du corps, que la police a officiellement requalifié l'affaire en enquête pour meurtre, après des premiers examens médico-légaux sur place. En droit britannique, un médecin légiste doit ouvrir une instruction ou une enquête judiciaire (inquest) dès lors que la cause du décès n'apparaît pas naturelle ou reste indéterminée après autopsie, un cadre juridique dans lequel s'inscrit désormais ce dossier.

« Notre enquête pour meurtre en est à ses débuts mais avance vite »

- Ilona Rosson, cheffe d'enquête à la police du Devon et de Cornouailles Un périmètre de sécurité reste en place autour de la propriété, où des équipes médico-légales poursuivent leurs examens. Des routes ont été fermées aux alentours et les enquêteurs mènent des investigations de voisinage ainsi que des recherches sur les enregistrements de vidéosurveillance de la zone, à la recherche du moindre indice pouvant orienter l'enquête vers un nouveau suspect.

 Une figure conservatrice devenue personnalité populaire

Ann Widdecombe avait siégé à la Chambre des communes de 1987 à 2010, sous l'étiquette conservatrice, représentant la circonscription de Maidstone dans le Kent, avant d'occuper plusieurs fonctions ministérielles sous le gouvernement de John Major. Catholique convertie en 1993, jamais mariée, elle s'était fait connaître pour des positions résolument conservatrices : opposition au droit à l'avortement, opposition à l'égalisation de l'âge du consentement pour les couples homosexuels, et défense d'une politique controversée consistant à menotter des détenues enceintes pendant leur accouchement.

Après avoir quitté le Parlement, elle avait rejoint le Parti du Brexit de Nigel Farage, siégeant comme eurodéputée entre 2019 et 2020, avant de devenir porte-parole sur l'immigration et la justice pour Reform UK, la formation qui a succédé au Parti du Brexit. Sa notoriété avait dépassé le cercle politique grâce à des apparitions télévisées remarquées, notamment dans l'émission de danse Strictly Come Dancing en 2010 et dans Celebrity Big Brother.

Pas de piste terroriste ni politique, mais un climat de vigilance Les enquêteurs ont pris soin, dès les premières heures, d'écarter toute dimension politique ou terroriste à ce stade de l'enquête, tout en précisant avoir consulté les services antiterroristes par précaution. Cette clarification intervient dans un contexte particulièrement sensible pour la classe politique britannique.

« Je n'ai aucune information indiquant qu'il s'agit d'un crime à motivation politique »

- Matt Longman, commissaire divisionnaire de la police du Devon et de Cornouailles

Deux parlementaires britanniques en exercice ont en effet été assassinés au cours de la dernière décennie : la travailliste Jo Cox, abattue puis poignardée par un homme aux références nazies en pleine campagne du Brexit en 2016, et le conservateur David Amess, poignardé en 2021 par un individu se réclamant du groupe État islamique. Le Premier ministre par intérim Keir Starmer a appelé les Britanniques à « transcender leurs divergences politiques » et a assuré avoir échangé avec les autorités pour renforcer la coordination sécuritaire.
« Les circonstances de sa mort sont extrêmement bouleversantes »

- Shabana Mahmood, ministre de l'Intérieur britannique

L'agence qui représentait Ann Widdecombe depuis son départ de la vie politique active, Cloud9 Management, a également réagi, réclamant que la famille de la défunte puisse être laissée en dehors des sollicitations médiatiques durant cette période.

« Nous sommes absolument dévastés par cette nouvelle »

- Cloud9 Management, agence représentant Ann Widdecombe

 Une enquête qui repart de zéro

Deux jours après la découverte du corps, l'enquête se retrouve donc dans une situation paradoxale : la qualification de meurtre est confirmée, les premiers examens médico-légaux progressent, mais aucun suspect n'est aujourd'hui formellement mis en cause. La police maintient son appel à témoins, en particulier auprès de toute personne ayant observé un comportement suspect aux abords du domicile de la victime avant jeudi midi.

Reste une question que ni la police ni le parquet n'ont, pour l'heure, à trancher publiquement : la libération du suspect initial signifie-t-elle qu'il a été formellement disculpé, ou seulement que les éléments réunis contre lui restaient, à ce stade, insuffisants pour justifier son maintien en garde à vue ? Sans réponse officielle à cette question, l'enquête sur la mort d'une des figures les plus reconnaissables de la vie politique britannique récente reste, pour l'instant, ouverte dans toutes les directions.

Par la rédaction • L'Appel · L'Appel
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