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Némésis condamnée à Besançon pour avoir traité Anne Vignot de « soutien aux violeurs étrangers »

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Némésis condamnée à Besançon pour avoir traité Anne Vignot de « soutien aux violeurs étrangers »

Le tribunal correctionnel a prononcé ce vendredi 3 juillet une peine d'amende avec sursis contre Yona Faedda, porte-parole locale du collectif identitaire. Une première judiciaire pour ce mouvement d'extrême droite - qui annonce aussitôt faire appel.

Un tract. Une photo. Quatre mots. Distribués en pleine cérémonie des vœux municipaux, ils ont suffi à ouvrir une bataille juridique de dix-huit mois entre le collectif identitaire Némésis et l'ancienne maire écologiste de Besançon Anne Vignot. Ce vendredi matin, le tribunal correctionnel a tranché : c'est de la diffamation.

Par la Rédaction

Le Palais des sports de Besançon, le 8 janvier 2025. Anne Vignot, alors maire de la ville, présentait ses vœux aux agents municipaux. Ce jour-là, Yona Faedda et deux autres militantes font irruption dans la salle. Une banderole où l'on peut lire « Violeurs étrangers bienvenus » est déployée. En parallèle, des tracts sont distribués - sur chacun d'eux, le visage de l'élue accompagné de l'inscription « Soutien aux violeurs étrangers Anne Vignot ».

Ce visuel sera ensuite relayé sur le compte X de Yona Faedda. La mécanique est rodée, l'impact recherché, la provocation assumée. Ce sont ces tracts qui ont poussé l'ancienne élue à porter plainte.

Un verdict attendu, une peine mesurée

Yona Faedda, représentante du collectif identitaire Némésis à Besançon, a été condamnée ce vendredi 3 juillet 2026 pour diffamation publique envers l'ancienne maire de Besançon Anne Vignot. Le délibéré était attendu depuis l'audience du 27 mai dernier.

« L'infraction est constituée », ces tracts « portent atteinte à l'honneur et à la considération de madame Anne Vignot, qui était à l'époque maire de Besançon », a expliqué le président du tribunal, Robert Pech, en rendant la décision.

La jeune femme a été condamnée à 2 000 euros d'amende avec sursis. Elle doit également 500 euros à l'ancienne maire à titre de préjudice moral, et 800 euros pour rembourser les frais de justice de cette dernière. La peine reste en-deçà des réquisitions du parquet : l'avocat d'Anne Vignot avait requis près de 4 000 euros en amendes, préjudices et frais de justice, tandis que la procureure avait sollicité 175 heures de travail d'intérêt général.

C'est la première condamnation d'une membre du collectif identitaire d'extrême droite Némésis devant la justice. Un fait que les deux camps n'ont pas manqué de relever, pour des raisons radicalement opposées.

« Une justice à deux vitesses » contre « une justice qui a posé les limites »
Sur le parvis du tribunal, les caméras se sont braquées sur Yona Faedda. Détendue avant le délibéré, elle encaisse la décision mais reste campée sur ses positions : « Je m'y attendais un peu, je ne suis pas très surprise. On est un peu choqué, on a encore le droit de dire ce qu'on pense, ce n'était pas de la diffamation. » « C'est aberrant, cette justice à deux vitesses qui condamne plus vite pour certaines personnes que pour d'autres », ajoute-t-elle.

La jeune femme de 21 ans s'est dite soulagée de ne pas avoir été condamnée à une peine de travail d'intérêt général, comme l'avait requis le parquet lors de l'audience du 27 mai. Une nuance dans la défaite - ou une victoire partielle, selon le camp dans lequel on se place.

Anne Vignot, elle, ne cache pas sa satisfaction. « On est très fier d'avoir une justice qui a posé les limites. C'était de la diffamation, on ne peut pas se permettre, pour des coups d'éclat, de dire que la maire est complice de violeurs - d'autant plus sous couvert d'une fausse cause féministe », lance l'ancienne édile.
Dans un communiqué, Anne Vignot et Anthony Poulin estiment que cette décision rappelle que la liberté d'expression « ne permet pas de tenir des propos accusatoires sans aucun fondement », notamment à l'encontre d'un représentant de la République.

Un feuilleton judiciaire aux rebondissements multiples

L'affaire n'a pas suivi un cours tranquille. En juin 2025, une première procédure avait été déclarée nulle : les faits reprochés à la militante dans la citation à comparaître différaient de ceux déclarés dans la plainte déposée, provoquant la nullité des poursuites. Un vice de forme que la défense avait exploité, retardant le jugement de fond de plusieurs mois.

Face au tribunal, Yona Faedda avait défendu une action politique visant, selon elle, la ligne migratoire de l'élue écologiste et son opposition à certaines dispositions de la loi Immigration. Son avocat, Frédéric Pichon, avait souligné que les membres de Némésis sont souvent des jeunes femmes marquées par des traumatismes liés aux violences sexuelles, et que les propos visaient une prise de position politique, non la personne privée.

Une nullité avait été soulevée en dernière tentative par l'avocat de la défense pour empêcher le procès et un débat de fond - elle a été rejetée. Le fond a donc été jugé. Et le fond a condamné.

Besançon, terrain répété des offensives de Némésis

Ce jugement ne clôt pas le dossier Némésis à Besançon - il l'ouvre peut-être davantage. Yona Faedda a aussitôt annoncé qu'elle ferait appel. Le bras de fer judiciaire va donc se poursuivre devant une juridiction supérieure.

Et ce n'est pas tout. Le 13 avril dernier, le nouveau maire Les Républicains Ludovic Fagaut a déposé plainte pour « provocation à la haine » après l'apparition d'une banderole établissant un lien entre immigration et violences sexuelles lors du carnaval de Besançon.

Ludovic Fagaut avait été élu maire de Besançon le 22 mars 2026 avec plus de 53 % des voix, face à l'écologiste sortante Anne Vignot. Changement de majorité, donc - mais même réponse pénale face aux agissements du collectif.

Connu pour ses actions militantes ciblant l'immigration et se présentant comme un mouvement « identitaire » axé sur la défense des femmes, Némésis est régulièrement accusé de diffuser des messages stigmatisants envers les étrangers et d'alimenter des discours de haine. Besançon est devenu, malgré elle, l'un des terrains d'élection du collectif.
« On ne peut pas se permettre, pour des coups d'éclat, de dire que la maire est complice de violeurs, sous couvert d'une fausse cause féministe. »

Anne Vignot, ancienne maire de Besançon, le 3 juillet 2026

Ce que dit le jugement

Yona Faedda, 21 ans, porte-parole de Némésis à Besançon, reconnue coupable de diffamation publique envers une personne dépositaire de l'autorité publique.

Peine prononcée : 2 000 euros d'amende avec sursis, 500 euros de préjudice moral à Anne Vignot, 800 euros de frais de justice.

Première condamnation pénale visant le collectif Némésis en France.

Appel annoncé par la condamnée - procédure en attente.

Seconde procédure parallèle : plainte pour « provocation à la haine » déposée le 13 avril 2026 par le maire Ludovic Fagaut, suite à une banderole du collectif affichée pendant le carnaval.
Par la rédaction • L'Appel · L'Appel
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