Picardie sonne l’alarme : les parents se rebellent contre une fermeture de classe jugée incompréhensible
À la veille des grandes vacances, les familles de la maternelle bisontine adressent un double coup de semonce au DASEN et au maire Fagaut - une lettre qui dit tout ce que les chiffres de la carte scolaire ne montrent pas.
Lundi 7 juillet 2026, à 17h32, l'information tombe dans le fil de l'actualité bisontine, discrète mais tenace. Les parents d'élèves de l'école maternelle Picardie ont envoyé une lettre d'alerte au directeur académique des services de l'Éducation nationale et à Ludovic Fagaut. Motif : la fermeture programmée d'une classe à la rentrée 2026-2027. Une décision qu'ils refusent. Et qu'ils expliquent.
Les parents d'élèves de l'école maternelle Picardie ont adressé leur courrier au directeur académique des services de l'Éducation nationale ainsi qu'au maire de Besançon pour les alerter sur les conséquences de la fermeture d'une classe à la rentrée 2026-2027. Le geste est symbolique autant que stratégique : en ciblant simultanément l'autorité académique et le premier magistrat de la ville, les familles choisissent la pression par le haut. Et le moment n'est pas anodin - à quelques jours des congés d'été, quand les dossiers s'endorment et que les décisions deviennent difficilement réversibles.
Ce qui frappe dans leur démarche, c'est l'argument central qu'ils avancent. « Nous ne comprenons pas cette décision alors que les effectifs n'ont pas baissé et qu'il y a beaucoup d'enfants avec de grosses difficultés à gérer », écrivent les parents dans leur lettre. Ce n'est pas une protestation de façade. C'est un constat de terrain, formulé avec une précision qui dérange.
Des classes déjà sous tension
Dans leur courrier, les parents détaillent les difficultés constatées dès cette année scolaire : « des enfants violents qui sont dangereux pour les autres, d'autres qui se sauvent de la classe, mais aussi des enfants avec de grosses difficultés scolaires qui ne peuvent pas être aidés comme il faut par les maîtresses, qui sont prises par la gestion des crises ».
Ces mots lus en mairie ou au rectorat ne peuvent pas laisser indifférent. Ils dessinent une réalité que les tableaux Excel de la carte scolaire ne capturent pas. L'école Picardie comptait 68 élèves répartis en 4 classes lors de la dernière rentrée disponible - soit une moyenne de 17 élèves par classe. Retirer une classe, c'est mécaniquement alourdir chaque groupe restant, dans une école dont les parents décrivent déjà les équipes enseignantes débordées.
Le contexte bisontin rend cette protestation encore plus lisible. Les élus insoumis au conseil municipal avaient dénoncé, dès le 30 mars 2026, pas moins de 27 fermetures de classes à Besançon sur 63 écoles, soit près de la moitié des établissements. Au total, 21 postes d'enseignants et 109 classes dans les écoles maternelles et élémentaires du Doubs étaient concernés par ces suppressions. L'école Picardie n'est donc pas un cas isolé - mais c'est l'une des rares à sortir du silence en plein mois de juillet.
Fagaut dans la ligne de mire des parents d'école
La lettre adressée au maire prend une résonance particulière dans le contexte politique bisontin de l'heure. Le 23 juin 2026, Ludovic Fagaut avait déclaré que la rénovation de certaines écoles de Besançon, lancée sous la mandature écologiste précédente, ne faisait pas de différence significative face à la canicule. Cette sortie lui avait valu une levée de boucliers, et une soixantaine d'élèves, de parents et d'élus d'opposition s'étaient rassemblés devant la mairie pour réclamer la poursuite des travaux dans les établissements.
Interpeller le maire sur la fermeture d'une classe maternelle, une semaine après cette polémique, n'est donc pas un acte anodin. Les parents de l'école Picardie ne se battent pas seulement pour une salle de classe. Ils s'inscrivent, qu'ils le veuillent ou non, dans une contestation plus large de la gestion municipale de l'école bisontine.
Les élus insoumis avaient eux-mêmes évoqué « la saignée annoncée dans la loi de Finance 2026 adoptée à coup de 49-3 », qui prévoyait la suppression de 4 000 postes d'enseignants à l'échelle nationale. Selon eux, cette politique « frappe de plein fouet nos écoles publiques ». Nationale par ses causes, la crise scolaire bisontin prend désormais un visage local, celui d'une cour de récréation de quartier dont les enfants risquent de se retrouver un peu plus serrés en septembre.
« Nous avons déjà pu constater les problèmes dans les classes cette année. »