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Hormuz : Après l’effondrement de la trêve, les États-Unis frappent l’Iran

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Hormuz : Après l’effondrement de la trêve, les États-Unis frappent l’Iran

Dans la nuit du 26 au 27 juin 2026, les États-Unis ont frappé des sites iraniens en réponse à l'attaque d'un cargo singapourien dans le détroit d'Hormuz. L'Iran a riposté contre des positions américaines dans la région. Le vice-président Vance a prévenu : « La violence sera rencontrée par la violence. » L'OMI a suspendu ses opérations de guidage de navires. Le pétrole mondial retient son souffle.

 Oman et l'Organisation maritime internationale annonçaient une nouvelle route de transit à travers le détroit d'Hormuz, longeant les côtes omanaises. Jeudi, un cargo battant pavillon singapourien était frappé par un drone kamikaze iranien en empruntant cette route. Vendredi soir, les forces américaines frappaient des installations iraniennes en représailles. Et dans la nuit du vendredi au samedi, les Gardiens de la révolution iraniens ciblaient à leur tour des positions américaines dans la région.

L'escalade, que les négociations de ces dernières semaines tentaient d'éviter, s'est matérialisée en une seule nuit autour d'un détroit grand comme un couloir de 33 kilomètres de large, par lequel transite 20 % du pétrole mondial.

LE DÉTROIT EN CHIFFRES

Part du pétrole et gaz mondial transitant par Hormuz 20 %

Volume quotidien en 2025 (US EIA) 20 millions de barils/jour

Largeur minimale du détroit 33 km

Pays dont les exportations dépendent du détroit Iran, Irak, Koweït, Qatar, EAU, Arabie Saoudite Navires touchés depuis l'escalade (Ever Lovely • 25 juin) 1 cargo - dommages confirmés, pas de victimes Statut IMO depuis vendredi soir Suspendu - en attente de garanties de sécurité L'enchaînement : d'un drone à une escalade militaire ouverte Jeudi 25 juin, l'Ever Lovely, cargo battant pavillon singapourien, transitait par le détroit d'Hormuz en longeant la côte omanaise. Cette route avait été annoncée deux jours plus tôt par Oman en coordination avec l'Organisation maritime internationale, comme alternative à l'axe central du détroit - miné par l'Iran depuis le début du conflit. Le Centre maritime britannique (UKMTO) a confirmé qu'un projectile avait touché le navire à 7,5 milles nautiques des côtes d'Oman. Pas de victimes. Des dégâts à la coque. L'Ever Lovely a néanmoins achevé son transit.

Dès l'annonce de l'attaque, l'Iran a posé ses conditions. L'Autorité iranienne du détroit du Golfe Persique - un organisme créé spécifiquement pour contrôler le trafic maritime - a publié sur X que tout transit en dehors de ses routes désignées « ne serait pas couvert par la garantie de libre passage ». Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères Kazem Gharibabadi a enfoncé le clou : le passage sécurisé ne peut être garanti que par une coordination avec les autorités iraniennes.
« La seule route de transit autorisée par le détroit d'Hormuz est celle désignée par la République islamique d'Iran. Les navires qui s'en écartent s'exposent à des risques extrêmement dangereux. Les contrevenants seront traités en conséquence. » CGRI (Gardiens de la révolution), communiqué officiel, cité par Al Jazeera, 25-26 juin 2026.
L'OMI a alors suspendu ses opérations de guidage à travers le détroit dans l'attente de garanties de sécurité de la part des « autorités compétentes ». Trois tankers étrangers ont modifié leur cap après l'attaque sur l'Ever Lovely, selon les médias d'État iraniens cités par le Washington Times.

La riposte américaine : missiles, drones et radars détruits Vendredi soir, le Commandement central américain (CENTCOM) a annoncé sur X que ses forces avaient conduit des frappes contre des installations iraniennes en réponse à l'attaque sur l'Ever Lovely. Les cibles visées comprenaient des dépôts de missiles et de drones iraniens ainsi que des sites radar côtiers.

« Des avions américains ont frappé des dépôts iraniens de missiles et de drones ainsi que des sites radar côtiers après que l'Iran a frappé le M/V Ever Lovely le 25 juin avec un drone kamikaze. L'agression injustifiée des forces iraniennes contre la navigation commerciale a clairement violé le cessez-le-feu. » CENTCOM, communiqué officiel, cité par Times of Israel et Jerusalem Post, 26-27 juin 2026.
Le vice-président américain JD Vance a accompagné l'annonce d'une déclaration sur X, laconique et menaçante. « La violence sera rencontrée par la violence. S'ils ont des désaccords sur l'application du mémorandum, ils peuvent décrocher le téléphone », a-t-il écrit, selon le Times of Israel.
La menace de l'IRGC : « Si l'agression se répète, notre réponse sera bien plus large que celle-ci »

La riposte de l'IRGC : positions américaines ciblées dans la région L'Iran n'a pas attendu. Dans la nuit du 26 au 27 juin, les Gardiens de la révolution ont déclaré avoir ciblé des positions militaires américaines dans la région, en représailles aux frappes de CENTCOM. Le communiqué diffusé par la télévision d'État iranienne ne précisait ni le nom ni la localisation des sites visés, ni l'étendue des dégâts infligés.

L'agence semi-officielle ISNA avait publié dans un premier temps un communiqué de l'IRGC annonçant une réponse « prompte et décisive » - avant de supprimer ce texte sans explication (Reuters, GV Wire). Le communiqué final, lui, est resté en ligne.
« Si l'agression est répétée, notre réponse sera bien plus large que celle-ci. » CGRI (Gardiens de la révolution), communiqué cité par la télévision d'État iranienne, Times of Israel, 27 juin 2026.
L'IRGC a précisé, via l'agence Fars, qu'une tour de communication sur l'île de Sirik, dans la province iranienne d'Hormozgan, avait été prise pour cible par les Américains, et que la force aérospatiale des Gardiens avait frappé « la base aérienne d'où l'agression provenait ». L'île de Sirik se trouve sur les rives mêmes du détroit d'Hormuz - au coeur géographique du conflit.
Par ailleurs, le Koweït a signalé avoir intercepté des missiles et drones iraniens sur son territoire. Le ministère koweïtien des Affaires étrangères a condamné ces « agressions » dans un communiqué officiel, selon Al Jazeera.

La chaîne des événements heure par heure

CHRONOLOGIE SERRÉE • 25-27 JUIN 2026

Mer. 24 juin Rubio en visite dans le Golfe. Réunion avec le CCG. Oman annonce une nouvelle route maritime avec l'OMI, longeant sa côte sud.

Jeu. 25 juin, matin L'IRGC avertit par radio un tanker libérien sur la nouvelle route : « Vous êtes à portée de mes missiles. »

Jeu. 25 juin, journée L'Ever Lovely (Singapore) emprunte la route omanaise. Frappe par drone kamikaze. Dommages confirmés par UKMTO. Pas de victimes.

Jeu. 25 juin, soir L'Autorité iranienne du Golfe Persique publie sur X : transit hors routes iraniennes non couvert par garantie de sécurité.

Ven. 26 juin Iran réaffirme son contrôle exclusif sur le détroit. Gharibabadi : seule coordination avec Téhéran garantit le passage. IMO suspend ses opérations. 3 tankers font demi-tour.

Ven. 26 juin, soir CENTCOM frappe des dépôts de missiles/drones iraniens et des radars côtiers en réponse à l'attaque sur l'Ever Lovely.

Ven. 26, nuit IRGC déclare avoir ciblé des positions américaines dans la région en représailles. Menace d'une réponse « bien plus large » si répétition.
Sam. 27 juin Vance : « La violence sera rencontrée par la violence. » Koweït intercepte drones/missiles iraniens. Situation en cours d'évolution.

La dispute au coeur de tout : qui contrôle Hormuz selon l'accord d'Islamabad ?

La tension repose sur une ambiguïté juridique centrale. Le mémorandum d'entente signé à Islamabad entre Washington et Téhéran - qui avait conduit à un cessez-le-feu partiel - prévoit dans son article 5 la levée du blocus d'Hormuz par l'Iran et l'arrêt du blocus américain des ports iraniens, pour une période de 60 jours minimum. Pendant cette période, Téhéran et Oman devaient discuter de « l'administration future et des services maritimes dans le détroit ».

Ce qui n'est pas précisé dans le texte : qui détient l'autorité directe sur le détroit pendant ces 60 jours. L'Iran argue que l'article 5 lui assigne la responsabilité de la gestion de la navigation. Les États-Unis estiment qu'en attaquant un cargo sur une route approuvée par l'OMI, l'Iran a violé le cessez-le-feu. Les deux lectures coexistent. Et les drones tranchent là où les juristes débattent encore.

« Certaines autorités ont annoncé une nouvelle route à travers le détroit d'Hormuz sans notification préalable ni coordination avec la République islamique d'Iran. La route proposée est inacceptable et présente de graves risques pour la sécurité. » CGRI, cité par Al Jazeera, 25 juin 2026.
Oman a défendu son corridor, affirmant qu'il avait été établi conformément au droit maritime international et en coordination avec l'OMI. Washington a soutenu cette position. Rubio, encore dans le Golfe jeudi, avait dit que les États-Unis étaient « engagés » à maintenir cette route ouverte. « Si ça s'arrête, on va avoir un problème », avait-il prévenu. Le problème est arrivé quelques heures plus tard.

L'enjeu économique mondial : 20 millions de barils et le record de GNL russe Le détroit d'Hormuz n'est pas seulement une ligne de front militaire. C'est l'artère énergétique la plus stratégique de la planète. Selon l'Administration américaine d'information sur l'énergie (EIA), environ 20 millions de barils de pétrole et produits pétroliers y transitaient chaque jour en 2025 - soit un cinquième de la consommation mondiale.

Depuis la fermeture effective du détroit par l'Iran en avril, les exportations de pétrole de l'Irak, du Koweït, du Qatar et des Émirats arabes unis ont drastiquement chuté. L'Arabie Saoudite, qui dispose d'oléoducs alternatifs vers la mer Rouge, et Oman, dont la géographie lui évite le passage, ont en revanche augmenté leurs revenus.

Entre janvier et avril 2026, l'Union européenne a importé un volume record de GNL russe provenant du projet Yamal Arctic, évalué à 3 milliards de livres sterling selon des données compilées par l'organisation Urgewald et rapportées par The Independent. La crise d'Hormuz a relancé les achats européens de gaz russe - une ironie géopolitique que personne à Bruxelles n'assume publiquement.

Le directeur de l'Agence internationale de l'énergie, Fatih Birol, a prévenu que le monde fait face à « la plus grande menace pour la sécurité énergétique de l'histoire ». Cette déclaration date de la semaine dernière. Elle précédait la nouvelle escalade de la nuit du 26 au 27 juin.

Ce qui vient : trois points de rupture possible

Premier point de rupture. L'IRGC a promis que toute répétition d'une frappe américaine entraînerait une réponse « bien plus large ». La formule laisse la porte ouverte à une escalade directe. Si les États-Unis frappent à nouveau - ce que Vance a laissé entendre - et si l'Iran tient sa promesse, l'échange de coups pourrait dépasser les sites secondaires pour atteindre des installations stratégiques.

Deuxième point de rupture. L'OMI a suspendu ses opérations de guidage. Tant qu'elle n'a pas reçu de garanties de sécurité crédibles, aucun navire commercial ne peut transiter par le détroit avec un accompagnement sécurisé international. Chaque jour sans solution coûte des centaines de millions de dollars à l'économie mondiale.

Troisième point de rupture. Les négociations américano-iraniennes sont directement menacées. Téhéran accuse Washington d'avoir violé le mémorandum d'Islamabad en attaquant son territoire. Washington accuse l'Iran d'avoir violé le cessez-le-feu en ciblant un cargo commercial. Les deux parties ont raison selon leur propre lecture du texte. Et il n'existe pas de mécanisme d'arbitrage.

« L'agression injustifiée des forces iraniennes contre la navigation commerciale a clairement violé le cessez-le-feu. De plus, le comportement dangereux de l'Iran a compromis la liberté de navigation alors que le commerce reprend de plus en plus à travers ce couloir commercial vital. » CENTCOM, communiqué officiel, cité par Times of Israel, nuit du 26-27 juin 2026.

Un drone contre un cargo. Une frappe contre des radars. Une riposte contre une base non nommée. Et une nuit qui a tout rouvert.

Le mémorandum d'Islamabad avait pour ambition de séparer le commerce du conflit. Pendant 24 heures, l'Iran et les États-Unis ont démontré que cette séparation n'existe pas. Le détroit d'Hormuz est à la fois une route maritime et un argument militaire. Pour l'instant, c'est l'argument qui parle le plus fort.

Par la rédaction • L'Appel · L'Appel
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