Belgique : sept interpellations dans l’enquête sur l’attaque à la synagogue de Liège
Un acte antisémite perpétré en mars, dans le contexte des tensions avec l’Iran
Liège, 25 juin 2026. Le parquet fédéral belge a annoncé jeudi l’interpellation de sept personnes dans le cadre de l’enquête sur l’attaque à l’explosif contre la grande synagogue de Liège, survenue le 9 mars dernier. Cette opération, menée par la police judiciaire fédérale dans l’arrondissement judiciaire de Liège, marque une avancée significative dans une affaire qualifiée d’« acte antisémite abject » par les autorités belges.
Une explosion dans la nuit du 8 au 9 mars
Dans la nuit du 8 au 9 mars 2026, vers 4 heures du matin, un engin explosif a été actionné devant la grande synagogue de Liège, située rue Léon Frédéricq. L’explosion a soufflé la porte principale et brisé de nombreuses vitres, tant de l’édifice que des bâtiments voisins. Aucun blessé n’a été déploré, mais l’acte a provoqué une vive émotion au sein de la communauté juive belge et au-delà. Le parquet fédéral, compétent en matière de criminalité organisée et de terrorisme, a immédiatement ouvert une enquête confiée à un juge antiterroriste.
Un contexte géopolitique tendu
L’attaque est survenue quelques jours après le déclenchement d’opérations militaires américaines et israéliennes contre l’Iran fin février 2026, suivies de représailles iraniennes. Des vidéos de revendication ont circulé sur les réseaux sociaux, partagées par des comptes identifiés comme pro-iraniens. Des actes similaires ont été signalés aux Pays-Bas dans les jours suivants, notamment contre une école juive à Amsterdam. Si aucun lien formel n’a été établi entre ces incidents, les autorités belges n’excluent pas une inspiration idéologique liée aux tensions au Moyen-Orient.
Sept interpellations et perquisitions
Jeudi 25 juin, les enquêteurs ont procédé à une vague de perquisitions et à l’interpellation de sept suspects. Le parquet fédéral a précisé que ces opérations s’inscrivaient dans le cadre de l’enquête antiterroriste en cours, sans donner davantage de détails sur l’identité des interpellés ni sur les charges retenues, « dans l’intérêt de l’enquête ». Les personnes arrêtées ont été placées en garde à vue et seront présentées dans les prochains jours devant le juge d’instruction.
Une enquête toujours active
Le parquet fédéral a indiqué que les investigations se poursuivaient activement. L’acte reste qualifié d’antisémite et fait l’objet d’un suivi prioritaire au plus haut niveau de l’État belge. Le ministre de l’Intérieur Bernard Quintin avait déjà dénoncé en mars « un acte antisémite abject », appelant à la plus grande fermeté. La communauté juive de Belgique, déjà touchée par une hausse des incidents antisémites ces dernières années, a exprimé son soulagement face à ces avancées judiciaires, tout en restant vigilante.