73 ans, et puis c’est fini : comment la gauche a perdu Besançon
73 ans, et puis c'est fini : comment la gauche a perdu Besançon Une trahison nommée Fousseret, une écologiste qui gouvernait bien sans le faire savoir, une LFI qui sabote au dernier moment, des quartiers populaires qui décrochent - et un homme qui a attendu six ans. L'autopsie d'un effondrement annoncé que seuls ceux qui auraient dû le voir n'ont pas voulu voir.
Besançon, juin 2026
Anne Vignot avait donné rendez-vous à la presse à 19h50 place Granvelle ce dimanche 22 mars 2026. Ses soutiens, eux, l'attendaient à quelques pas, devant le Kursaal. Une dernière incompréhension, dans une campagne électorale qui en avait compté d'innombrables. Elle est arrivée, déboussolée, les yeux embués, seule - ou presque. Seule l'insoumise Séverine Véziès s'était précipitée à ses côtés pour acter la défaite. À 20h, les chiffres sont tombés : 53,29 % pour Ludovic Fagaut. La gauche venait de perdre Besançon pour la première fois depuis 1953.
1953-2026 - Soixante-treize ans de domination et d'illusions
L'histoire
| Une ville qui se croyait de gauche - et qui, en réalité, ne l'était plus depuis longtemps Pour comprendre la défaite du 22 mars 2026, il faut d'abord comprendre le mythe qui l'a rendue possible - ou plutôt, le mythe qui a empêché la gauche bisontine de voir venir ce qu'elle voyait pourtant. Depuis l'élection du maire socialiste André Boulloche en 1953, Besançon n'avait connu que des maires de gauche. Robert Schwint (PS) de 1977 à 2001. Jean-Louis Fousseret (PS puis En Marche) de 2001 à 2020. Anne Vignot (Écologistes) de 2020 à 2026. Soixante-treize ans de continuité ininterrompue qui avaient fini par transformer la réalité politique en destin culturel : Besançon était de gauche comme les Alpes sont hautes et le Doubs froid.
Mais cette certitude cachait une vérité plus inquiétante. Le PCF de Besançon l'a lucidement formulée dans son analyse d'avril 2026 : « l'idée que Besançon est une ville de gauche nous a donné trop d'assurance ». Et il a ajouté quelque chose de plus cinglant : « aux élections de 2014 et 2020, la gauche est déjà minoritaire et ne s'impose que grâce aux triangulaires ». Autrement dit, même quand la gauche gagnait, elle ne gagnait pas vraiment. Elle bénéficiait d'un contexte favorable - la division de la droite, le maintien du RN qui siphonnait des voix à Fagaut, la pandémie qui avait gonflé l'abstention en 2020. Ce n'était pas la force d'un camp. C'était la faiblesse de l'équation adverse.
Hebdo 25, l'hebdomadaire bisontin d'investigation, l'a dit sans détour dans son analyse post-scrutin : « La défaite annoncée que seule la gauche n'a pas vue venir. » Les signaux s'étaient multipliés au fil des années - polémiques mal gérées, coups de communication ratés, pression constante de Fagaut tout au long du mandat. « Anne Vignot avait toujours promis de faire de la politique autrement. L'écologiste aura réussi à amener un savoir-faire, sans jamais parvenir à le faire savoir au plus grand nombre. »
« Même s'ils avaient un bon programme, même s'ils ont passé six années à faire de belles choses, ils seront désormais considérés comme l'équipe qui a fait perdre la ville à la gauche pour la première fois depuis 73 ans. »
- Un responsable politique de la gauche bisontine - Hebdo 25, mars 2026
Le péché originel - Jean-Louis Fousseret
2017 - la trahison
| Le maire socialiste qui a rejoint Macron - et emporté avec lui une partie de l'électorat Si l'on cherche le moment exact où la corde a commencé à se rompre, beaucoup de témoins bisontins pointent vers 2017 et un seul nom : Jean-Louis Fousseret. Maire de Besançon depuis 2001, membre du Parti socialiste depuis toujours, il est l'un des emblèmes de la gauche municipale française. Et en 2017, il rejoint Emmanuel Macron et La République En Marche. Ce n'est pas simplement un acte de politique nationale. C'est une rupture de sens pour des milliers de Bisontins qui avaient voté pour lui, qui lui faisaient confiance, et qui avaient considéré son ancrage socialiste comme une garantie.
Le conseiller départemental socialiste Raphaël Krucien l'a dit franchement au lendemain de la défaite : « Son départ en 2017 a été un événement politique dont on n'a pas suffisamment mesuré l'importance. Beaucoup de Bisontins de sensibilité sociale-démocrate, centre gauche ou centriste ne se sont pas retrouvés dans la politique menée ou dans l'alliance avec La France Insoumise. Certains se sont abstenus, d'autres ont voté pour Ludovic Fagaut. »
L'analyse du PCF local confirme la mécanique : « une partie de gauche libérale qui votait historiquement pour le Parti socialiste a vu en Macron une représentation de ses valeurs ». Et cette fraction électorale - ni vraiment de droite, ni vraiment de gauche radicale, attachée à une certaine idée de la gestion raisonnable et du progrès modéré - n'a pas retrouvé dans Anne Vignot ce qu'elle cherchait. Elle a voté ailleurs. Elle a voté Fagaut.
Le centre de gravité perdu
| Besançon sans social-démocratie - le vide que personne n'a su occuper Ce que le départ de Fousseret a produit, c'est un centre de gravité politique absent. Besançon avait été gouvernée pendant vingt ans par un maire qui incarnait une gauche de gouvernement - pragmatique, gestionnaire, sociale sans être radicale. Quand Fousseret est parti et qu'Anne Vignot a pris sa succession, le profil a changé. L'écologie politique est plus idéologique, plus transversale, moins ancrée dans le langage de la gestion municipale quotidienne.
Pour les Bisontins de sensibilité centre-gauche, il n'y avait soudainement plus de candidat qui leur ressemble. À droite, Fagaut incarnait la rigueur gestionnaire. À gauche, Vignot incarnait la transition écologique. L'espace du « bon sens de gauche » - la sécurité dans les quartiers, les services publics efficaces, les finances saines - était vacant. Et Fagaut a occupé cet espace avec méthode, pendant six ans, en se présentant comme l'homme de la gestion sérieuse face à une équipe perçue comme idéologique.
Place publique, le mouvement de Glucksmann, a identifié ce vide dans son analyse post-scrutin : « la défaite s'explique en partie par une radicalisation des positions de l'équipe sortante ». La solution proposée : « bâtir une coalition réaliste, républicaine et laïque » capable d'occuper à nouveau le centre de gravité que le départ de Fousseret avait laissé vacant.
La campagne chaotique - LFI, le PS et l'art du sabotage
Octobre 2025 - la rupture
| LFI lâche Vignot à quatre mois du premier tour - et signe l'arrêt de mort de la gauche
Si Fousseret est le péché originel, la décision de La France Insoumise d'octobre 2025 est le coup de grâce. Le 27 octobre 2025, à quatre mois du premier tour, LFI Besançon publie un communiqué qui fait l'effet d'une bombe dans la gauche locale : le mouvement annonce qu'il présentera sa propre liste, sans Anne Vignot. Les raisons invoquées sont d'une hypocrisie politique transparente : la maire « agit sans cap », le PS « a décidé de faire cavalier seul ». En réalité, les instances nationales de LFI avaient décidé de ne pas soutenir une maire écologiste qu'elles jugeaient insuffisamment radicale.
La conséquence arithmétique est immédiate. Le premier tour du 15 mars donne les résultats suivants : Fagaut à 40,13 %, Vignot à 33,27 %, LFI à 10,53 %, le PS à 5,87 %, RN à 8 %, Horizons à 5,67 %. Fagaut devance Vignot de sept points. La gauche divisée en quatre listes pèse collectivement plus que Fagaut - mais son incapacité à se rassembler lui a coûté sept points d'avance à effacer en quinze jours. L'inverse exact de l'équation gagnante espérée par les équipes de Vignot - qui tablaient sur l'élimination de LFI au premier tour et le maintien du RN pour siphonner les voix de Fagaut - s'est produit.
Lors du second tour, la fusion technique entre Vignot et LFI a permis de mobiliser - la participation est passée de 57,1 % à 61,5 %. Mais la dynamique de Fagaut était plus forte encore : son total du second tour dépassait de 1 100 voix le cumul des trois listes de droite au premier tour. La droite avait elle aussi su capter des abstentionnistes. Et le mythe de l'abstentionniste naturellement de gauche avait fait long feu.
« La gauche doit cesser de penser qu'un abstentionniste est forcément de gauche. »
- Section PCF de Besançon - Analyse du scrutin municipal, 9 avril 2026
La soirée du premier tour
| Les équipes de Vignot sous le choc - une équation bancale dont l'exact inverse s'est produit
Hebdo 25 a décrit avec une précision chirurgicale ce qui s'est passé dans le camp Vignot le soir du 15 mars : « Les quelques semaines de campagne rayonnante et chaleureuse n'auront servi qu'à maintenir l'illusion d'une victoire possible, espérant une élimination de La France Insoumise dès le premier tour et un maintien du Rassemblement national pour siphonner les voix de Ludovic Fagaut. L'exact inverse de cette équation bancale s'est produit dimanche 15 mars, sous les yeux médusés des équipes d'Anne Vignot. »
L'entre-deux-tours a ressemblé à une panique à bord. Élus régionaux, militants, Marie-Guite Dufay l'ancienne présidente de région, un immense élan de soutien s'est organisé pour mobiliser les abstentionnistes dans les quartiers populaires. La fusion Vignot-LFI a été actée dans la précipitation. Mais il était trop tard pour combler sept points d'écart en deux semaines. La dynamique appartenait à Fagaut.
Le décrochage des quartiers populaires
Le symptôme le plus grave
| Les quartiers qui votaient à gauche par tradition ont soit abstenu soit basculé L'un des enseignements les plus troublants du scrutin bisontin concerne les quartiers populaires. Ces quartiers - Planoise, les Clairs-Soleils, Palente, Orchamps - avaient été le socle électoral de la gauche bisontine depuis des décennies. Ils portaient des valeurs de solidarité, de services publics, de politique du logement qui correspondaient naturellement au programme des socialistes puis des écologistes.
Or la section PCF locale et les leaders socialistes s'accordent sur un constat alarmant : les quartiers populaires se sont partiellement détournés de la gauche. Soit par l'abstention. Soit, et c'est plus grave symboliquement, en apportant un soutien partiel à Fagaut. Raphaël Krucien l'a reconnu candidement : « Il y a aussi, sans doute, la question de la sécurité que nous n'avons peut-être pas suffisamment bien traitée ou expliquée. Les quartiers populaires, qui restent trop souvent les laissés-pour-compte de la République, se sont en partie détournés du vote de gauche. »
Ce décrochage est l'une des tendances les plus préoccupantes de la politique française de ces dernières années, et Besançon n'y fait pas exception. Les quartiers populaires ne votent plus automatiquement à gauche. Ils votent - ou ils s'abstiennent - en fonction de qui leur parle de leur quotidien. La sécurité, les dégradations, l'impression que personne ne s'occupe d'eux. Fagaut avait fait de la sécurité l'un de ses thèmes centraux depuis six ans. Vignot n'avait pas de réponse aussi lisible sur ce terrain.
LFI, qui avait prétendu sonder « la colère des milieux populaires » avec ses « rencontres populaires » dans les quartiers et son « questionnaire citoyen », n'a pas réussi à capitaliser sur cette colère. La colère populaire ne s'est pas traduite en votes pour la gauche radicale. Elle s'est traduite en abstention ou en votes protestataires - y compris, parfois, pour Fagaut.
« La colère des milieux populaires est importante à l'encontre des politiques menées à Besançon. »
- La France Insoumise Besançon - Communiqué, octobre 2025
Ce que disent les réseaux sociaux - les voix de la défaite
Réactions numériques
| Entre soulagement de droite, incompréhension de gauche et lucidité amère des militants
Le soir du 22 mars 2026, les réseaux sociaux bisontins ont dit des choses que les tribunes officielles n'ont pas dites. Dans les fils X et Facebook des militants de gauche, une même formule revenait : « comment a-t-on pu laisser faire ça ? ». La défaite était vécue comme une trahison - mais la question de savoir qui avait trahi qui restait ouverte. LFI accusait Vignot d'avoir « agi sans cap ». Le PS accusait LFI d'avoir sabordé. Les écologistes accusaient les deux.
Sur les groupes Facebook des habitants des quartiers populaires, le ton était différent. Moins politisé, plus concret. Des gens qui exprimaient une lassitude vis-à-vis de la politique d'abord, une méfiance envers tout le monde ensuite, et parfois - chose impensable il y a dix ans - une curiosité bienveillante envers le nouveau maire de droite. « Au moins lui il est direct », lisait-on ici. « La gauche on la voyait plus dans nos quartiers depuis longtemps », écrivait un habitant de Planoise. « On va voir ce qu'il fait, mais il ne peut pas faire pire », concluait un troisième.
Du côté des militants de droite et des partisans de Fagaut, la tonalité était à la joie contenue mais réelle. « Besançon reprend des couleurs », « enfin un maire qui parle de sécurité ». Et cette phrase, postée par plusieurs comptes différents dans les heures suivant la victoire : « 73 ans. Jamais on n'aurait cru voir ça. » Une forme d'incrédulité qui dit mieux que n'importe quelle analyse ce que représentait cette victoire dans l'imaginaire politique local.
Les tribunes publiées dans les semaines suivantes par d'anciens membres de l'équipe de gauche ont parfois été plus franches que les déclarations officielles. Nicolas Bodin, ancien adjoint PS de Fousseret puis de Vignot, a publié le 7 avril une tribune invitant la gauche bisontine à « regarder en face cette défaite, en comprendre les ressorts et éviter les faux débats ». Une phrase qui sous-entend que d'autres, dans son camp, avaient choisi les faux débats - les accusations mutuelles, la recherche d'un bouc émissaire - plutôt que l'analyse honnête.
La défaite nationale dans le miroir bisontin
Contexte macro
| Besançon, Brest, Clermont-Ferrand : une vague nationale qui dépasse un seul scrutin local La défaite de Besançon n'est pas un accident local. Elle s'inscrit dans une dynamique nationale des municipales de mars 2026 qui a vu la droite reconquérir plusieurs bastions de gauche historiques. À Brest - autre ville symbole de la gauche ouvrière bretonne -, Stéphane Roudaut (LR) a battu largement le sortant socialiste François Cuillandre. À Clermont-Ferrand, Julien Bony a pris la mairie à Olivier Bianchi. À Annecy, le ministre Antoine Armand a évincé la majorité écologiste.
La gauche a néanmoins résisté dans les très grandes métropoles : Paris, Lyon, Marseille, Nantes, Strasbourg, Lille, Montpellier ont toutes été conservées. Ce qui semble se dessiner, c'est une géographie de plus en plus fracturée : la gauche garde les très grandes villes hyper-connectées, éduquées, tertiaires. Elle perd les villes moyennes - Besançon, 120 000 habitants, capitale régionale universitaire mais pas bobo - où la sécurité, le cadre de vie et le sentiment d'abandon des classes populaires pèsent plus lourd que le programme écologique.
Le Grand Continent, qui a analysé les résultats à grande échelle, note que les victoires de droite dans ces villes moyennes confirment une « droitisation du paysage politique local » dans les territoires où « les thématiques et le vocabulaire portés par la droite et l'extrême droite » avaient gagné du terrain dans l'opinion. Fagaut lui-même s'était inscrit dans cette dynamique - sur la sécurité, sur la propreté, sur la fierté locale - sans pour autant frôler l'extrémisme. Une droite républicaine, ferme mais républicaine, qui avait préempté des thèmes que la gauche avait laissés vacants.
Le premier conseil municipal
| Fagaut refuse la parole à l'opposition - et la gauche saisit le tribunal administratif
Le traumatisme ne s'est pas arrêté le soir du 22 mars. Le premier conseil municipal du nouveau mandat a immédiatement recréé de l'hostilité. À peine proclamé maire, Ludovic Fagaut a refusé de donner la parole aux élus d'opposition - à l'exception d'Anne Vignot, l'ancienne maire. Les conseillers socialistes, écologistes, communistes et insoumis ont quitté la salle et annoncé un recours devant le tribunal administratif pour « déni de démocratie ». Les délibérations adoptées en leur absence seraient, selon eux, entachées d'irrégularité.
Ce début de mandat conflictuel a d'emblée posé les termes d'une opposition qui ne s'inscrit pas dans la tradition bisontine du débat républicain apaisé. Un nouveau groupe s'est constitué : « Socialiste et Citoyens », mené par Abdel Ghezali, Jean-Sébastien Leuba et Sylvie Wanlin. Ils ont annoncé vouloir porter une opposition « exigeante et constructive » sur les enjeux sociaux et les inégalités territoriales. Le mot « exigeante » dit peut-être ce que « constructive » ne peut pas dire : que cette opposition ne se vit pas comme un simple contre-pouvoir, mais comme un combat pour récupérer ce qu'elle considère comme une ville qu'on lui a prise.
L'avenir - la gauche peut-elle reprendre Besançon ?
Prospective
| « Il existe un véritable électorat de gauche à Besançon » - mais il faudra mériter de l'incarner
La question qui hante les réunions privées de la gauche bisontine depuis le 22 mars est simple dans son énoncé et complexe dans ses réponses : comment reprend-on une ville qu'on vient de perdre après 73 ans ? Le conseiller départemental Raphaël Krucien a répondu avec la prudence de rigueur : « Je ne pense pas que le basculement soit définitif. Il existe un véritable électorat de gauche à Besançon. À nous de travailler pour être prêts et crédibles lors des prochaines échéances. »
Mais les voies de la reconstruction ne font pas consensus. Place publique veut une « coalition réaliste, républicaine et laïque » qui rompt avec ce qu'il appelle la radicalisation. LFI veut une union populaire sur ses propres bases. Le PS veut reconstruire l'organisation locale. Et les Écologistes, épuisés par six ans de mandat et la violence de la défaite, cherchent encore leur voix. Si 2020 avait déjà montré que la gauche ne gagnait plus qu'aux triangulaires, 2026 a montré qu'elle pouvait perdre même les triangulaires. L'illusion du bastion est morte.
Une chose, pourtant, suggère que la partie n'est pas définitivement perdue : les chiffres absolus. Au premier tour, les listes de gauche avaient collectivement obtenu plus de voix que la droite. Ce n'est pas une consolation vide - c'est un substrat électoral réel. La défaite de 2026 n'est pas une défaite du nombre. C'est une défaite de la cohérence. Une gauche qui arrive unie, avec un message lisible sur le quotidien, la sécurité et l'économie locale, pourrait gagner Besançon. La question est de savoir si les partis de gauche préféreront se battre les uns contre les autres ou contre la droite.
73 ans. C'est la durée d'une vie humaine. C'est aussi la durée qu'il a fallu à la droite bisontine pour s'imposer - et à la gauche bisontine pour oublier que rien n'est acquis pour toujours. Besançon n'était pas de gauche par nature ou par géographie. Elle était de gauche parce que la gauche avait su, pendant des décennies, incarner les aspirations de ses habitants. Quand elle a cessé de le faire - quand Fousseret est parti, quand LFI a sabordé, quand les quartiers populaires ont senti qu'on ne leur parlait plus -, la ville a changé de camp. L'histoire politique de Besançon dit une chose simple que la gauche française peine à entendre : les élections ne se gagnent pas à force de bilan. Elles se gagnent à force de présence.



