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Fillette mordue aux Lacs d’Osselle

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Fillette mordue aux Lacs d’Osselle

Mordue au pied dans les Lacs d'Osselle : une fillette de 9 ans hospitalisée, la piste du brochet privilégiée Mercredi 17 juin, une enfant qui se baignait dans la zone surveillée des Lacs d'Osselle, près de Besançon, est ressortie de l'eau le pied en sang. La blessure, profonde, a nécessité des points de suture. La base de loisirs évoque l'hypothèse - encore à confirmer - d'une morsure de brochet. Sur les réseaux sociaux, l'épisode a relancé l'inquiétude des baigneurs.

[ Emplacement photo - vue de la base nautique des Lacs d'Osselle, format 16:9, sans rotation - filigrane L'Appel (alpha 0,55) + « lappelfrance.fr • Photo exclusive » en bas à droite ]

Une baignade d'été qui tourne au cauchemar en quelques secondes. Mercredi 17 juin, une fillette de neuf ans nageait dans la zone de baignade surveillée des Lacs d'Osselle, à environ vingt-cinq kilomètres au sud de Besançon, lorsqu'elle a ressenti un choc violent au pied alors qu'elle se trouvait sous l'eau. En regagnant la rive, l'enfant et ses proches ont découvert deux entailles profondes et une plaie qui saignait abondamment. Transportée aux urgences, elle a dû recevoir une quinzaine de points de suture.

UNE BLESSURE PROFONDE, MAIS DES JOURS PRÉSERVÉS

Selon les informations recueillies, la petite baigneuse se trouvait à l'intérieur du périmètre surveillé, à proximité de l'une des bouées jaunes qui délimitent la zone autorisée, quand l'incident s'est produit. La douleur, ressentie sous la surface, l'a poussée à sortir immédiatement de l'eau. Les deux plaies, situées au pied, étaient suffisamment sérieuses pour justifier une prise en charge hospitalière et des sutures.

Si l'épisode a été particulièrement impressionnant pour l'enfant et son entourage, les tendons du pied n'auraient pas été touchés, et aucun élément ne laisse craindre pour ses jours. La blessure, douloureuse, devrait toutefois mettre du temps à cicatriser - une caractéristique fréquente de ce type de plaie, dont l'aspect extérieur peut se révéler trompeur.

POURQUOI LA PISTE DU BROCHET EST PRIVILÉGIÉE

Très vite, une hypothèse s'est imposée : celle d'une morsure de brochet. Le responsable de la base des Lacs d'Osselle, Maxence Couret, la juge plausible, tout en rappelant qu'elle reste à confirmer. La forme de la blessure, selon les premiers éléments, serait compatible avec la gueule de ce poisson, dont la mâchoire est garnie de dents acérées.

L'explication la plus avancée tient au comportement de l'animal en cette saison. « En période de reproduction, les brochets, et notamment les femelles chargées de surveiller les alevins, peuvent se montrer plus territoriaux et réagir lorsqu'un intrus s'approche de leur zone de ponte », explique Maxence Couret. Autre piste, complémentaire : la fillette aurait pu poser le pied, sans le voir, sur un poisson dissimulé dans les herbiers, provoquant un réflexe de défense.

MISE AU POINT

| Un poisson qui ne chasse pas l'homme

Faut-il y voir une « attaque » ? Les spécialistes invitent à la prudence sur les mots. Le brochet, rappellent-ils, n'est pas un prédateur de l'être humain et ne recherche pas le contact avec les baigneurs : les rares incidents recensés s'interprètent davantage comme des réactions défensives que comme de véritables agressions. Reste que, pour la victime, la morsure n'en est pas moins réelle - et douloureuse.

Surtout, le phénomène demeure exceptionnel. À l'échelle européenne, seules quelques dizaines de cas, supposés ou avérés, ont été rapportés au cours des dernières décennies, pour plusieurs centaines de millions de baignades chaque année dans les lacs et plans d'eau. Après l'incident, la base nautique d'Osselle est restée ouverte, et aucun autre événement de ce type n'y a été signalé.

DES PRÉCÉDENTS RARES, MAIS BIEN DOCUMENTÉS

L'épisode d'Osselle n'est pas sans rappeler d'autres mésaventures survenues dans des plans d'eau voisins. En août 2018, une fillette de neuf ans, elle aussi, avait été mordue au pied lors d'une baignade à Thonon-les-Bains, sur les rives françaises du lac Léman ; la profondeur de l'entaille avait nécessité une hospitalisation. Du côté suisse, le musée du Léman ne recensait que de très rares cas de morsures sur l'ensemble des plages du lac ces dernières années, signe de la nature hautement inhabituelle de ces incidents.

Ces précédents partagent un point commun avec l'affaire d'Osselle : l'espèce responsable reste, le plus souvent, difficile à établir avec certitude. La forme de la plaie oriente les soupçons vers le brochet, sans toujours permettre de trancher définitivement.

SUR LES RÉSEAUX, L'INQUIÉTUDE DES BAIGNEURS

L'histoire a rapidement circulé sur les réseaux sociaux, où des publications appellent à la prudence, voire à éviter le site. « Si tu connais des gens qui vont aux Lacs d'Osselle, il faut les dissuader d'y aller », met en garde l'une d'elles, partagée sur Snapchat, accompagnée d'une photo de pied blessé et de la mention : « voilà pourquoi je ne me baigne pas si je ne vois pas le fond ». Plusieurs usagers y disent leur appréhension à l'idée de retourner se baigner, et certains s'interrogent sur la qualité de l'eau du plan d'eau.

Ces réactions traduisent une inquiétude bien compréhensible. Elles méritent toutefois d'être distinguées des faits établis : à ce jour, aucune mesure de fermeture n'a été décidée par les gestionnaires du site, et les autorités appellent à ne pas céder à l'alarmisme, soulignant que la cohabitation entre les baigneurs et la faune aquatique se déroule, d'ordinaire, sans difficulté.

PRATIQUE

| En cas de morsure, les bons réflexes

Une morsure de poisson en eau douce, même d'apparence bénigne, ne doit pas être prise à la légère. Le premier geste consiste à rincer abondamment la plaie à l'eau courante propre, plusieurs minutes, en écartant doucement les bords pour nettoyer en profondeur, puis à désinfecter. La vigilance porte sur le risque d'infection : l'orifice d'entrée peut sembler superficiel alors que la dent a pénétré profondément dans les tissus, ce qui justifie un avis médical, surtout chez l'enfant.

Côté prévention, en eau peu profonde et dans les zones où le fond n'est pas visible, le port de chaussures aquatiques ou de chaussons en néoprène protège efficacement les pieds et les chevilles - les parties du corps les plus exposées. Une précaution simple, particulièrement utile dans les plans d'eau naturels riches en herbiers.

Récit | Pour une enfant de neuf ans, une baignade d'été restera associée à une frayeur et à une quinzaine de points de suture. Reste, pour les Lacs d'Osselle, un équilibre délicat à tenir : informer sans affoler. L'incident est réel, la blessure sérieuse, et l'émotion des familles légitime ; mais les données disponibles décrivent un événement rarissime, et non un danger permanent. Tant que l'enquête sur l'origine exacte de la morsure n'aura pas tranché, c'est sans doute la prudence - chaussures aquatiques, vigilance dans les herbiers, attention portée aux plus jeunes - qui demeure la meilleure réponse. Loin des emballements, et au plus près des faits.

- Déclarations de Maxence Couret, responsable de la base des Lacs d'Osselle

Par la Rédaction L’Appel - Sana SEEF · L'Appel
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