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Présidentielle 2027 : une décision, et tout peut basculer le 7 juillet.

La voix de ceux qui n'ont pas de voix
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Présidentielle 2027 : une décision, et tout peut basculer le 7 juillet.

33 candidats déclarés ou putatifs - un sondage qui renverse les certitudes du centre - une décision de justice attendue le 7 juillet qui peut tout changer. La France entre dans l’année présidentielle - et l’élection de 2027 ressemble déjà à nulle autre.

Par la Rédaction L’Appel - 11 juin 2026

Il reste moins d’un an avant le premier tour de l’élection présidentielle française. LCP a dénombré 33 élus déclarés ou putatifs. Karim Bouamrane - maire de Saint-Ouen - vient d’annoncer sa candidature ce mardi 9 juin. Gabriel Attal a officialisé la sienne le 22 mai. Et dans moins de quatre semaines - le 7 juillet - la cour d’appel de Paris dira si Marine Le Pen peut ou ne peut pas se présenter. Ce rendez-vous judiciaire est peut-être le évènement politique le plus important de l’année.

Bardella en tête - mais le centre se resserre

Les chiffres du dernier sondage Ipsos-BVA - réalisé les 27 et 28 mai 2026 auprès de 1 500 personnes et publié le 1er juin pour Le Parisien - sont sans ambiguïté sur un point : le Rassemblement national domine le premier tour dans toutes les configurations testées. Jordan Bardella y est crédité de 33,5 % dans l’hypothèse la plus courante - soit plus du double de ses poursuivants immédiats.

SONDAGE IPSOS-BVA — 1ER TOUR — 1ER JUIN 2026 (1 500 PERSONNES)

Jordan Bardella (RN) 33,5 % █████████████████

Édouard Philippe (Horizons) 13,0 % ██████

Jean-Luc Mélenchon (LFI) 13,0 % ██████

Raphaël Glucksmann (PP) 11,0 % █████

Gabriel Attal (Renaissance) 8,5 % ████

Bruno Retailleau (LR) 7,5 % ███

Éric Zemmour (Reconquête) 4,0 % ██

Marine Tondelier (Les Verts) 4,0 % ██

Source : Ipsos-BVA pour Le Parisien - 27-28 mai 2026

Mais le vrai séisme de la semaine ne vient pas du RN - dont la domination est connue depuis plusieurs mois. Il vient du baromètre Odoxa réalisé les 20 et 21 mai 2026 - publié par Public Sénat le 28 mai. Pour la première fois depuis le début des sondages sur cette éléction - Édouard Philippe n’est plus assuré de se qualifier pour le second tour. Il chute de quatre points en deux mois - à 17 %. Jean-Luc Mélenchon progresse d’autant - à 16 %. Un seul point les sépare.

« Coup de tonnerre au premier tour. Philippe recule de 4 points et Mélenchon progresse d’autant. Pour lui - c’est un retour à la case départ. »

- Gaël Sliman - président d’Odoxa - baromètre mai 2026 - Public Sénat Et si Philippe tombait au second tour - que se passerait-il à ce second tour ? Là aussi - le baromètre Odoxa rebat les cartes. Dans l’hypothèse Bardella-Philippe - le candidat du RN l’emporterait désormais avec 52 % contre 48 %. Il y a deux mois - Philippe était donné vainqueur sur le score inverse. En deux mois - le rapport de force s’est inversé.

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Le 7 juillet - et la question qui bloque tout

Toute analyse de cette présidentielle bute sur une inconnue centrale : Marine Le Pen sera-t-elle candidate ?

Condamnée le 31 mars 2025 par le tribunal correctionnel de Paris dans l’affaire des assistants parlementaires du Front national - la présidente du groupe RN à l’Assemblée nationale a été frappée de cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire. Elle a fait appel. Et la cour d’appel de Paris a déjà fixé son calendrier : décision le 7 juillet 2026.

En février 2026 - le parquet général avait requis en appel cinq ans d’inéligibilité - confirmant la position de l’accusation. Trois hypothèses sont possibles : confirmation de la peine - allègement qui lui permettrait de candidater - ou - plus improbable - annulation. Chaque scénario déclenche une conséquence différente pour toute la configuration du premier tour.

« Ce serait un big bang politique. Toute la donne serait modifiée sur le plan politique. »

- Karim Bouamrane - maire de Saint-Ouen - annonçant sa candidature sur France Inter - 9 juin 2026 - sur l’hypothèse d’une inéligibilité confirmée de Le Pen Car si Marine Le Pen est définitivement écartée - c’est Jordan Bardella - président du RN - 30 ans - qui porterait les couleurs du parti. Le sondage Ipsos-BVA le montre déjà devant elle dans certaines hypothèses. Un écart limité - mais révélateur : Bardella n’est plus le successeur potentiel. Il est le candidat naturel d’une partie de l’électorat.

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Les candidats - un à un

Le 22 mai 2026 - Gabriel Attal a officialisé sa candidature. L’ancien Premier ministre - 36 ans - entre ainsi en compétition directe avec Édouard Philippe pour le leadership du camp macroniste - sans que celui-ci ne se soit encore tranché. Deux candidats centristes - des électorats qui se recoupent - et une question posée depuis des mois sans réponse : lequel des deux se retirera pour l’autre ?

Jean-Luc Mélenchon a confirmé fin mai sa candidature pour la quatrième fois. Son élécteur de base reste fidèle. Sa montée dans les sondages d’Odoxa - quatre points en deux mois - lui permet d’envisager une qualification au second tour. C’est précisément le scénario que redoute la gauche non-mélenchoniste : se retrouver face au RN avec LFI comme seule alternative.

C’est pour éviter ce scénario que Karim Bouamrane - maire de Saint-Ouen - candidat PS - a annoncé sa candidature le 9 juin sur France Inter - en se présentant comme celui qui « fédère » la gauche non mélenchoniste. « Je ferai tout pour qu’il y ait un bulletin Karim Bouamrane - a-t-il déclaré - et que ce bulletin gagne. Qu’on ne soit pas résolu à ce dilemme d’un duel Bardella-Mélenchon au second tour. »

LES CANDIDATS DECLARES AU 11 JUIN 2026 (SOURCE : LCP - CNEWSS - 9 JUIN 2026) ▸ Édouard Philippe (Horizons) - déclaré depuis septembre 2024 - premier parti en lice ▸ Jean-Luc Mélenchon (LFI) - 4e candidature confirmée le 3 mai 2025 ▸ Bruno Retailleau (LR) - déclaré officiellement - appuyé par une partie de la droite traditionnelle ▸ Gabriel Attal (Renaissance) - candidature officialisée le 22 mai 2026 ▸ Karim Bouamrane (PS) - candidature annoncée le 9 juin 2026 sur France Inter ▸ Marine Le Pen (RN) - déclarée depuis 2023 - candidature suspendue à la décision du 7 juillet 2026 ▸ Jordan Bardella (RN) - candidat naturel du RN en cas d’inéligibilité confirmée de Le Pen ▸ Raphaël Glucksmann (Place Publique) - considéré comme candidat probable ▸ Marine Tondelier (Les Verts) - candidate probable du camp écologiste

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La gauche éclatée - et le piège du second tour

La grande vulnérabilité de l’opposition au RN n’est pas dans les sondages du premier tour. Elle est dans l’arithmétique du second. Philippe à 17 % - Mélenchon à 16 % - Glucksmann à 11 % - Attal à 8,5 % - Retailleau à 7,5 %. Ces chiffres, additionnés - dépassent largement Bardella. Mais dans un scrutin à deux tours - seuls deux candidats passent. Et la multiplication des candidatures non-RN garantit presque mathématiquement que l’un d’entre eux sera éliminé faute de voix.

C’est le piège structurel que la gauche et le centre n’ont pas encore résolu depuis 2022. Il y a d’un côté le RN - uni - discipliné - avec un ou deux candidats maximum. De l’autre - un arc allant de Retailleau à Tondelier - qui concentre potentiellement les deux tiers de l’électorat - mais qui risque de s’éliminer à lui-même faute d’accord.

« Il reste près d’un an avant l’élection présidentielle - et les intentions de vote à un an ne reflètent qu’une fois sur deux ce qui se produira réellement. »

- Gaël Sliman - président d’Odoxa - mai 2026

Ce que les sondages ne disent pas

Les sondages ne disent pas qui sera élu. Gaël Sliman lui-même - président d’Odoxa - le rappelle avec une honnêteté rare dans ce milieu : les intentions de vote à un an « ne reflètent qu’une fois sur deux ce qui se produira réellement ».

Ce que les sondages mesurent aujourd’hui - c’est l’état de la frustration - l’érosion des partis de gouvernement - et la montée d’une demande de changement que ni le centre ni la gauche n’ont encore su canaliser. Ils ne mesurent pas encore les campagnes - les débats - les crises qui vont survenir - ni les décisions de justice qui peuvent tout remodeler.

La France a moins d’un an pour répondre à une question qu’elle pose depuis plusieurs cycles électoraux : est-ce que la multiplication des candidatures face au Rassemblement national est une expression de vitalité démocratique - ou un avantage offert sur un plateau ?

Le 7 juillet 2026 - la cour d’appel de Paris rendra sa décision sur Marine Le Pen. Ce jour-là - on saura à quelle élection la France se prépare vraiment.

Note éditoriale - Sources : sondage Ipsos-BVA pour Le Parisien - 27-28 mai 2026 (1 500 personnes). Baromètre Odoxa pour Public Sénat - 20-21 mai 2026 (1 005 personnes). LCP Assemblée nationale - liste des candidats déclarés - mis à jour le 9 juin 2026. CNEWS - candidates déclarés - 9 juin 2026. JForum - Parlons-Politique.fr - 11 juin 2026. France Inter - candidature de Karim Bouamrane - 9 juin 2026. EPOC Info - compilation des sondages - 11 juin 2026. Les intentions de vote sont des photographies instantanées - non des prévisions de résultat.

L’Appel - lappelfrance.fr │ Besançon, France │ 11 juin 2026

L'Appel
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