À Besançon, le logement étudiant atteint 477 € par mois et pèse lourdement sur le budget des jeunes
Une étude locale inédite chiffre pour la première fois ce que tout étudiant bisontin sait déjà : se loger coûte cher, et il ne reste souvent plus grand-chose ensuite pour vivre.
Pour la première fois dans la région, une enquête menée par le Bureau des associations franc-comtoises dresse un état des lieux précis du logement étudiant à Besançon. Le constat est sans appel : loyer moyen de 477 euros par mois, soit près de 200 euros de plus qu'une chambre universitaire - et, une fois ce loyer payé, près d'un étudiant sur trois dispose de moins de 100 euros par mois pour vivre.
Le logement, premier poste de dépense
Selon cette enquête, réalisée auprès des étudiants bisontins et publiée début mars 2026, le logement constitue aujourd'hui le premier poste de dépense des jeunes inscrits dans les établissements d'enseignement supérieur de la ville. Une fois le loyer réglé, le budget qui reste pour se nourrir, se déplacer et étudier devient extrêmement réduit pour une partie d'entre eux.
Près de 30 % des étudiants bisontins disposent de moins de 100 euros par mois une fois leur loyer payé, selon les associations à l'origine de l'étude. Cette situation entraîne une précarité croissante : pour certains, elle se traduit par une alimentation insuffisante et un recours aux associations d'aide alimentaire, sans lesquelles le quotidien deviendrait très compliqué.
Combien coûte réellement un logement à Besançon
Dans le détail, les prix constatés sur le marché locatif bisontin varient fortement selon le type de bien. Un studio meublé se loue en moyenne autour de 440 euros charges comprises, un T2 avoisine les 614 euros, tandis qu'une chambre chez l'habitant reste la solution la moins onéreuse, à environ 380 euros charges incluses, selon les données du site spécialisé LocService.
Les résidences étudiantes conventionnées, notamment autour du quartier des Hauts-du-Chazal à proximité de la faculté de médecine et du CHU Jean Minjoz, proposent des logements meublés de 18 à 38 m², mais l'offre reste très inférieure à la demande, en particulier en début d'année universitaire.
Un phénomène qui dépasse largement Besançon
La situation bisontine reflète une tendance nationale préoccupante. Les loyers étudiants ont progressé de 5,8 % en un an à la rentrée 2025 en France, selon les données compilées par plusieurs observatoires du logement. Au niveau national, la liste d'attente pour un logement en résidence universitaire dépassait les 180 000 demandes non satisfaites au 1er janvier 2026.
Une étude de la Fédération des associations générales étudiantes (FAGE), publiée en février 2026, indique que 15 % des étudiants français mettent entre trois et six mois à trouver un logement à la rentrée. Plus de 22 % d'entre eux se retrouvent avec moins de 100 euros pour vivre une fois le loyer payé - un chiffre très proche de celui observé à Besançon.
"La plus grande préoccupation des étudiants aujourd'hui, c'est d'avoir un toit sur la tête. La première chose à laquelle on pense quand on reçoit sa bourse, c'est de savoir qu'on va pouvoir payer son loyer."
Yanis Jaillet, vice-président étudiant, FAGE
Des aides qui ne suivent plus la hausse des loyers
Autre facteur aggravant, relevé au niveau national : les barèmes des aides personnalisées au logement (APL) ont été gelés par décret en 2026, alors que les loyers, eux, continuent d'augmenter. Un décalage qui pèse mécaniquement sur le budget des ménages les plus modestes, étudiants en tête.
Une enquête Odoxa réalisée pour Nexity en janvier 2026 auprès de jeunes de 18 à 34 ans montre que six jeunes sur dix ont déjà rencontré des difficultés pour trouver un logement. Parmi eux, 86 % estiment que ces difficultés affectent leur anxiété et leur santé mentale, et 72 % considèrent que la crise du logement nuit plus largement à la cohésion sociale.
À qui s'adresser à Besançon
Face à cette situation, plusieurs relais existent pour les étudiants bisontins en difficulté : le CROUS de Besançon pour les résidences universitaires et les bourses sur critères sociaux, la CAF du Doubs pour les APL et l'ALS, ainsi que les associations étudiantes locales pour l'aide alimentaire d'urgence. Le dispositif de garantie Visale, qui permet de se passer d'un garant physique, reste par ailleurs sous-utilisé alors qu'il pourrait faciliter l'accès au parc locatif privé pour de nombreux candidats à la location.