Un nouveau congé payé pour chaque parent dès le 1er juillet
Ce que vous avez le droit de demander à votre employeur
La France crée un congé supplémentaire de naissance accessible aux deux parents à compter du 1er juillet 2026. Deux mois maximum, indemnisés par la Sécurité sociale. Voici tout ce qu'il faut savoir avant de faire votre demande.
Un enfant est né en mars 2026. Ses parents ont pris leur congé de maternité et de paternité. Ils pensaient que c'était tout. Depuis le 1er juillet 2026, ils peuvent prendre jusqu'à deux mois de congé supplémentaire chacun, indemnisés par la Sécurité sociale. Ce droit nouveau - créé par la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 et confirmé par deux décrets publiés au Journal officiel le 31 mai 2026 - concerne tous les parents d'enfants nés depuis le 1er janvier 2026.
Pour la première fois en France, les deux parents d'un même enfant bénéficient d'un droit identique à s'absenter au-delà des congés existants - et à être payés pendant cette absence. Ce n'est pas un congé parental. Ce n'est pas une prestation de la CAF. C'est une indemnisation de la Sécurité sociale, calculée sur le salaire réel. Un droit nouveau, entré en vigueur le 1er juillet 2026.
Ce que c'est - et ce que ce n'est pas
Le congé supplémentaire de naissance s'ajoute aux congés existants. Il ne les remplace pas. Concrètement, il vient après le congé de maternité ou de paternité - une fois que ces congés ont été entièrement utilisés.
Ce nouveau congé n'est pas non plus un congé parental. Le congé parental d'éducation (PreParE) existe toujours et peut être pris ensuite si les parents le souhaitent.
Ce n'est pas non plus transférable. Chaque parent dispose de son propre droit. Le père ne peut pas céder ses deux mois à la mère, et inversement. C'est un droit individuel.
"Le congé supplémentaire de naissance s'ajoute aux congés de maternité, de paternité et d'accueil de l'enfant ou d'adoption. Il ne les remplace pas et ne se substitue pas non plus au congé parental d'éducation." - CAF, info.gouv.fr, 2026
Qui peut en bénéficier
Tous les parents d'un enfant né ou adopté à partir du 1er janvier 2026 peuvent en bénéficier - à condition d'être en activité professionnelle au moment de la demande et de remplir les conditions d'ouverture de droit aux indemnités journalières.
Ce congé est ouvert à une large liste de statuts professionnels.
Salariés du secteur privé : sous réserve de remplir les conditions d'affiliation à la Sécurité sociale.
Travailleurs indépendants : artisans, commerçants, professions libérales - demande auprès de la CPAM.
Fonctionnaires et agents publics : État, territorial, hospitalier - y compris militaires et personnels médicaux.
Agents contractuels de droit public : inclus dans le dispositif.
Non-salariés agricoles : allocation de remplacement maintenue au niveau existant pour la maternité.
Artistes-auteurs : inclus dans le dispositif.
En revanche, pour les fonctionnaires, militaires et certains régimes spéciaux, des modalités spécifiques seront précisées sur service-public.gouv.fr.
Combien de temps et comment l'organiser
Chaque parent peut prendre un ou deux mois de congé supplémentaire. La durée est au choix du parent.
Ce congé peut être pris en une seule fois (deux mois d'affilée) ou fractionné en deux périodes d'un mois non consécutives. Les deux parents peuvent le prendre en même temps, ou en alternance l'un après l'autre.
Les possibilités pratiques sont donc nombreuses. Un père peut prendre ses deux mois immédiatement après son congé de paternité de onze jours. Une mère peut prendre un mois supplémentaire juste après son congé maternité, et garder le second mois pour plus tard. Ou les deux parents peuvent être présents en même temps deux mois durant.
Une seule contrainte : le congé supplémentaire ne peut commencer qu'une fois le congé de maternité, de paternité ou d'adoption entièrement terminé.
Combien vous serez payé
C'est la question qui intéresse tout le monde. L'indemnisation est dégressive et plafonnée.
Premier mois : 70 % du salaire net des trois derniers mois avant le congé.
Second mois : 60 % du salaire net des trois derniers mois avant le congé.
Plafond : 4 005 euros par mois (plafond mensuel de la Sécurité sociale au 1er janvier 2026).
Exemple concret : un salarié gagnant 2 500 euros nets par mois touchera 1 750 euros le premier mois et 1 500 euros le second. Un salarié à 5 000 euros nets - au-dessus du plafond - sera indemnisé sur la base de 4 005 euros, soit 2 803 euros le premier mois et 2 403 euros le second.
Pour les travailleurs indépendants, l'indemnité journalière forfaitaire est calculée selon les mêmes taux dégressifs (70 % puis 60 %) mais sur une base forfaitaire propre à leur régime.
Attention : ce congé n'est pas cumulable en simultané avec les aides de la CAF au mode de garde (CMG) ni avec la prestation partagée d'éducation de l'enfant (PreParE).
"L'indemnisation sera de 70 % du salaire net le premier mois et 60 % le second, dans la limite du plafond de la Sécurité sociale (4 005 euros en 2026)." - info.gouv.fr / ministère des Solidarités, 2026
Les dates à ne pas manquer
Tout dépend de la date de naissance ou d'adoption de votre enfant.
Enfant né ou adopté entre le 1er janvier et le 30 juin 2026 : le congé peut être pris à compter du 1er juillet 2026 et au plus tard jusqu'au 31 mars 2027. Vous disposez de neuf mois à partir du 1er juillet - pas à partir de la naissance.
Enfant né à partir du 1er juillet 2026 : le congé doit être pris dans les neuf mois suivant la naissance. Passé ce délai, le droit est perdu.
Naissances multiples ou conventions collectives plus favorables : le délai de neuf mois est prolongé d'autant.
Pour les naissances prématurées, dont la date de terme était prévue après le 1er janvier 2026, les mêmes droits s'appliquent à partir du 1er juillet 2026.
Comment faire la demande
La démarche comporte deux étapes.
Informer l'employeur. Au moins un mois avant le début du congé, en précisant la date de début, la durée totale et, si vous souhaitez le fractionner, les deux périodes choisies. Si le congé débute immédiatement après un congé de paternité, d'accueil ou d'adoption, ce délai est ramené à quinze jours.
Faire la demande d'indemnisation auprès de la CPAM. Les salariés du privé et les travailleurs indépendants contactent leur caisse d'assurance maladie (CPAM). Les fonctionnaires et agents publics suivent les modalités propres à leur administration - les décrets publiés le 31 mai 2026 précisent ces modalités pour chaque versant de la fonction publique.
Les informations complètes et personnalisées selon votre statut sont disponibles sur ameli.fr (salariés et indépendants) et service-public.gouv.fr (fonctionnaires et régimes spéciaux).
Pourquoi ce congé a été créé maintenant
La France connaît une baisse continue de son taux de natalité depuis plusieurs années. Ce nouveau congé s'inscrit dans la politique des "1000 premiers jours" - l'ensemble des mesures gouvernementales visant à accompagner les familles depuis la grossesse jusqu'aux deux ans de l'enfant.
L'objectif est double. Favoriser la présence des deux parents auprès de l'enfant dans ses premiers mois. Et réduire l'inégalité entre les femmes et les hommes à l'arrivée d'un enfant : les mères prenaient jusqu'ici beaucoup plus de congé que les pères, avec des conséquences sur leur carrière et leurs revenus à long terme.
En donnant à chaque parent un droit identique et non transférable, la loi crée une incitation à ce que le père - ou le second parent - s'engage davantage dès les premiers mois. Si ce parent ne prend pas son congé, le droit est perdu. Il ne peut pas être récupéré par l'autre parent.
Ce congé ne résoudra pas à lui seul les inégalités entre parents au travail. Mais il pose un principe nouveau dans le droit français : les premiers mois de vie d'un enfant ne sont pas seulement l'affaire de la mère. Ils appartiennent aux deux parents - et l'État est prêt à en payer une partie.