Cent mille cafards illégaux arrêtés à la frontière – ils sifflaient
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Cent mille cafards illégaux arrêtés à la frontière - ils sifflaient La plus grande saisie d’invertébrés exotiques de l’histoire australienne vient d’avoir lieu dans la ville de Bathurst - Nouvelle-Galles du Sud. Les suspects : des blattes de Madagascar de la taille d’un doigt - et des cafards dubia. Valeur estimée : 142 000 dollars. Ils sont tous condamnés à mort.
Imaginez l’équipe d’agents de l’environnement australiens qui pousse la porte d’un éleveur commercial à Bathurst - une ville tranquille de la Nouvelle-Galles du Sud - et qui se retrouve face à « cent mille cafards vivants ». Pas metaphoriquement. Littéralement. Cent mille. Qui sifflent.
L’opération Cafard - mai 2026
Le 26 mai 2026 - le département australien du Changement climatique - de l’Énergie - de l’Environnement et de l’Eau (DCCEEW) a annoncé avoir procédé à la plus grande saisie d’invertébrés exotiques illégaux de l’histoire du pays. Le butin : plus de 100 000 blattes vivantes trouvées chez un éleveur commercial - selon AP qui a révélé l’affaire.
Les deux espèces saisies sont la blatte sifflante de Madagascar - Gromphadorhina portentosa pour les intimes - et la blatte dubia - toutes deux formellement interdites sur le territoire australien. Interdit de les importer.
Interdit de les posséder. Interdit de les élever. Interdit de les vendre. Peu importe d’où elles viennent - selon les autorités australiennes citées par le Daily Caller.
« Nous prenons très au sérieux notre mission de protection de la biodiversité unique de l’Australie et les violations de la législation environnementale nationale. »
Pourquoi siffler est un crime en Australie
La blatte sifflante de Madagascar mérite qu’on s’y attarde. C’est l’une des plus grandes espèces de blattes du monde - entre cinq et sept centimètres à l’âge adulte - soit à peu près la taille d’un doigt humain. Elle est sans ailes - ce qui est heureux pour tous. Elle est brune et luisante - comme le montrent les photos publiées par le DCCEEW via AP.
Et elle siffle. Pas métaphoriquement non plus. En cas de danger - elle expulse de l’air par les spiracles - ces orifices respiratoires situés sur les côtés de son abdomen - produisant un sifflement audible et parfaitement intentionnel. C’est son unique moyen de défense - puisqu’elle ne peut ni voler ni courir très vite. En revanche - elle peut escalader du verre lisse. Détail d’importance pour quiconque envisagerait de la garder dans un aquarium.
Elle peut vivre jusqu’à cinq ans. Elle est native de Madagascar. Et elle est populaire dans le monde entier comme animal de compagnie - voire star de cinéma : on l’a vue dans Starship Troopers et d’autres productions hollywoodiennes. Les aficionados sont prêts à payer cher pour en acquérir. D’où le marché.
142 000 dollars - et maintenant l’euthénasie
La valeur de la saisie a été estimée à 200 000 dollars australiens - soit environ 142 000 dollars américains - selon AP. Ce n’est pas rien pour des insectes que l’on écrase habituellement sans état d’âme sous sa semelle un mardi matin.
La suite n’a rien de romanesque pour les insectes concernés. Le DCCEEW a indiqué que les collections de biosurveillance du département de l’industrie primaire de Nouvelle-Galles du Sud gèrent « l’euthénasie et l’élimination » des cafards saisis. Cent mille blattes - condamnées. Pour avoir été nées du mauvais côté de la frontière.
« Ces espèces ne peuvent pas être légalement importées en Australie. Leur possession - leur élevage et leur vente sont interdits - quelle que soit leur provenance. »
- DCCEEW - département australien de l’Environnement - AP - mai 2026
L’Australie - forteresse écologique
Cette affaire n’est pas un fait divers isolé. Elle illustre une réalité australienne profonde : le pays protège ses frontières biologiques avec une rigueur que peu de nations égalent.
Tout animal - insecte ou matière végétale qui passe les douanes sans être déclaré expose son propriétaire à des amendes de plusieurs milliers de dollars. L’éleveur de Bathurst pourrait être poursuivi - bien que l’affaire n’ait pas encore donné lieu à des poursuites à ce stade - selon le Daily Caller.
La raison de cette sévérité est écologique. L’Australie - continent-île auécosystème unique - a déjà payé le prix fort pour des introductions d’espèces étrangères qui ont déréglé ses équilibres. Le crapaud bufô. Les lapins. Les renards. La blatte sifflante de Madagascar n’a pas passé les tests environnementaux australiens - et personne ne sait vraiment ce qu’elle ferait si elle s’échappait dans la nature du bush. On ne veut pas le savoir.

