G7 : IA, mineurs en ligne, et dîner de gala à Versailles – le dernier acte du sommet
G7 : IA, mineurs en ligne, et dîner de gala à Versailles - le dernier acte du sommet Au terme de trois jours de marathon diplomatique à Évian, Trump arrive avec deux heures de retard au château de Versailles
Dépêche • G7 Évian 2026
Avec deux heures de retard sur le programme prévu, Donald Trump est arrivé mercredi soir au château de Versailles pour dîner avec Emmanuel et Brigitte Macron, en épilogue d'un sommet du G7 qui a réservé plus d'une surprise. Avant Versailles, la journée avait été consacrée à l'intelligence artificielle, aux mineurs en ligne et aux déséquilibres économiques mondiaux. Et en marge du sommet, le protocole d'accord américano-iranien se précisait.
+2h
De retard à Versailles
Trump parti tard d'Évian - dîner prévu à 20h30 16 000
Agents mobilisés
Policiers, gendarmes, militaires - G7 + Versailles 48h
Accord Iran
Signature prévue - Trump depuis Orly, 17 juin
La matinée à Évian : l'IA et les géants de la tech
Dernier jour du sommet
Sam Altman, Dario Amodei, Arthur Mensch à la même table que les sept Emmanuel Macron a accueilli mercredi matin à Évian une session de travail inédite : pour la première fois dans l'histoire du G7, les patrons des trois principaux laboratoires d'intelligence artificielle mondiaux ont déjeuné avec les chefs d'État. Sam Altman (OpenAI), Dario Amodei (Anthropic) et Arthur Mensch (Mistral AI) ont participé à des échanges consacrés à la sécurisation des modèles, à la gouvernance et à la protection des mineurs en ligne.
L'ombre d'Anthropic planait largement sur les discussions. L'administration Trump avait ordonné la semaine précédente à la start-up américaine de suspendre l'accès à ses deux modèles les plus puissants - Claude Fable 5 et Mythos 5 - pour tout ressortissant étranger, invoquant la sécurité nationale. En France, l'ancien Premier ministre Gabriel Attal avait réagi vivement : « La guerre de l'IA a déjà commencé. Nous ne pouvons pas compter sur d'autres, car cela nous rend vulnérables. Anthropic est leur détroit d'Ormuz. »
En clôture du sommet, Macron a appelé à « mieux réguler » les modèles les plus avancés pour « éviter qu'ils ne tombent dans les mains de régimes autoritaires ou de gens qui pourraient menacer notre cybersécurité ». Il a mis en garde contre le risque d'une « non-coopération entre démocraties ».
« On doit réussir à mieux réguler les modèles d'intelligence artificielle les plus avancés pour éviter qu'ils ne tombent dans les mains de régimes autoritaires ou de gens qui pourraient menacer notre cybersécurité ou nos sociétés. »
- Emmanuel Macron, conférence de presse de clôture • Évian-les-Bains, 17 juin 2026 II - Mineurs en ligne : une déclaration commune adoptée
Protection de l'enfance
Les 7 exhortent la tech à protéger les moins de 15 ou 16 ans sur les réseaux Les dirigeants du G7 ont adopté mercredi une déclaration commune exhortant les géants mondiaux de la tech à développer des outils garantissant la sécurité des mineurs en ligne. Le texte soutient le principe d'une interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ou 16 ans - une mesure portée par la France, qui veut fixer le seuil à 15 ans.
Cette convergence entre Washington, Paris, Berlin, Londres, Rome, Tokyo et Ottawa sur un sujet aussi sensible que la régulation des plateformes numériques constitue l'un des résultats concrets du sommet. L'Australie avait déjà interdit les réseaux sociaux aux moins de 16 ans en décembre 2025, mais l'expérience a montré que de nombreux jeunes parvenaient à contourner l'interdiction via les messageries instantanées.
Bilan du sommet : « Objectivement un succès »
Conférence de clôture
Macron : « Première fois qu'on a une telle convergence en G7 » sur l'Ukraine
À 15 heures, Emmanuel Macron a pris la parole pour dresser le bilan du sommet. « Ce G7 est objectivement un succès, il a été un moment d'unité, de discussions de qualité et de vraie coopération entre les dirigeants qui se retrouvaient ici », a-t-il déclaré, soulignant que le sommet s'était tenu « dans un contexte extrêmement difficile de fragmentation du monde, de conflits ».
Sur l'Ukraine, il a salué « la première fois que nous avons une telle convergence en G7 » et « la première fois que nous portons des conclusions aussi claires ». Les sept pays ont acté « qu'il n'y avait pas de volonté sérieuse de la Russie » de faire la paix, et se sont engagés à renforcer les sanctions contre Moscou, y compris sur le pétrole et le gaz. Macron a évoqué une « remobilisation du G7 extrêmement importante ».
Sur Trump, le président français a assuré avoir « toujours eu confiance » en lui. « Je lui ai toujours dit les choses. Quand nous avons des désaccords, nous les assumons. Mais quand il s'est engagé vis-à-vis de nous, il a toujours fait ce à quoi il s'engageait », a-t-il affirmé. Il s'est dit « très heureux » des échanges tenus en présence de Zelensky, « que tout le monde a écouté avec beaucoup de respect ».
Trump a tenu sa propre conférence de presse dans la foulée, déclarant que le sommet d'Évian avait « été un des plus réussis » du G7. Au total, neuf déclarations conjointes ont été adoptées à l'unanimité, sur des sujets aussi variés que la lutte contre le narcotrafic, les minerais critiques, la croissance équilibrée, l'Ukraine, la lutte contre le trafic de migrants et la protection des mineurs.
« Ce G7 est objectivement un succès. Il a été un moment d'unité, de discussion de qualité et de vraie coopération entre les dirigeants qui se retrouvaient ici. »
- Emmanuel Macron, conférence de presse de clôture
L'accord iranien se précise depuis le tarmac d'Orly
Moyen-Orient
Trump annonce une signature « dans les 48 heures » en descendant de l'avion
Attendu au château de Versailles depuis deux heures, Donald Trump ne résiste pas aux micros tendus à sa sortie de l'avion à l'aéroport d'Orly, en provenance d'Évian. Il en profite pour révéler que le protocole d'accord avec l'Iran, « en train d'être finalisé », sera signé « dans les 48 heures », sans préciser s'il sera personnellement présent à la cérémonie. Les autorités américaines avaient déjà dévoilé plus tôt dans la journée le texte du protocole, que Téhéran disait « étudier » la possibilité de signer conjointement avec les deux présidents.
Pendant le sommet, les sept grandes puissances avaient également convenu que la mission maritime proposée par Paris et Londres pour accompagner la reprise du trafic dans le détroit d'Ormuz - notamment par des opérations de déminage - pouvait « jouer un rôle important ». Trump s'était montré peu réceptif à ce projet à son arrivée lundi, avant d'infléchir sa position au fil des discussions bilatérales.
« L'accord avec l'Iran est en train d'être finalisé. Il sera signé dans les 48 heures. »
- Donald Trump, tarmac de l'aéroport d'Orly
Versailles : deux heures de retard, puis les ors du Roi-Soleil
Dîner d'État
Un départ tardif d'Évian bouscule le programme - mais le feu d'artifice reste prévu Le dîner d'État était prévu à 20h30 au château de Versailles. Il a commencé avec deux heures de retard, Trump ayant quitté Évian plus tard que prévu. Le programme de la soirée avait été partiellement bousculé : la visite de la galerie des Glaces et le concert dans la chapelle royale, initialement prévus en amont du repas, étaient compromis. En guise d'au revoir, un feu d'artifice devait être tiré à la fin du repas, selon une source policière contactée par France Télévisions.
La réception a été organisée, selon l'Élysée, « à l'occasion du 250e anniversaire de l'indépendance des États-Unis ». Versailles est présenté par la présidence française comme un « haut lieu de l'amitié franco-américaine » : c'est là que le comte de Vergennes avait négocié le traité de 1783 reconnaissant l'indépendance américaine, avec l'appui de 6 000 soldats envoyés par Louis XVI sous le commandement de Rochambeau.
Pour Trump, qui avait déclaré mardi en marge du G7 que Versailles, « c'est pas du plaqué or, c'est du lourd », la soirée constituait le point d'orgue d'un séjour français inédit. C'est la quatrième fois que Macron reçoit un chef d'État étranger à Versailles, après Poutine en 2017, le prince héritier japonais Naruhito en 2018 et le roi Charles III en 2023. Mais c'est la première fois qu'un tel dîner se tient dans le contexte d'un sommet du G7 et d'un accord de paix au Moyen-Orient tout juste sorti de terre.
« Et Versailles, c'est pas du plaqué or, c'est du lourd. Alors j'ai dit j'aimerais le faire. »
- Donald Trump, mardi 16 juin 2026 • Évian-les-Bains
Trois jours d'Évian, un dîner à Versailles, et neuf déclarations communes. Le G7 sous présidence française s'achève sur un bilan que Macron qualifie de « succès objectif » et Trump de l'un des « plus réussis ». La vraie mesure de ce sommet se lira dans les semaines qui viennent : l'accord iranien tiendra-t-il ? Les sanctions russes seront-elles réellement renforcées ? Les géants de la tech accepteront-ils les règles sur les mineurs ? L'histoire, elle, n'attend pas les communiqués.



