dimanche 07 juin 2026, 01:25
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La sentinelle de Planoise s’apprête à disparaître

L'Appel La voix de ceux qui n'ont pas de voix Histoires des Villes La sentinelle de Planoise s’apprête à disparaître Par la rédaction de L’APPEL - Besançon La sentinelle de Planoise : l'histoire de la cheminée qui a vu grandir un quartier pendant 54 ans Ce titre reflète mieux le ton du récit : ce […]

La voix de ceux qui n'ont pas de voix
Histoires des Villes

La sentinelle de Planoise s’apprête à disparaître

La sentinelle de Planoise : l'histoire de la cheminée qui a vu grandir un quartier pendant 54 ans Ce titre reflète mieux le ton du récit : ce n'est pas l'histoire d'une démolition, mais celle d'un témoin silencieux qui a accompagné la naissance, la croissance et la transformation de Planoise depuis 1972 jusqu'à aujourd'hui.

Elle n'était ni la plus haute de France, ni la plus célèbre des cheminées industrielles d'Europe. Pourtant, pour plusieurs générations d'habitants de Planoise, elle était bien plus qu'une simple cheminée.

Depuis plus d'un demi-siècle, elle se dresse silencieusement au-dessus du quartier ouest de Besançon. Haute de 62 mètres, elle ressemble à une sentinelle immobile observant la ville sans jamais détourner le regard. Les enfants l'ont aperçue depuis les fenêtres de leurs écoles.

Les ouvriers l'ont croisée chaque jour en rentrant du travail. Les nouveaux habitants l'ont découverte en arrivant dans un quartier où elle faisait déjà partie du paysage.

Elle a toujours été là.

Les matins d'hiver, sa silhouette traversait le brouillard qui enveloppait Planoise. Les soirs d'été, elle dominait les immeubles et semblait veiller sur le quartier. Même ceux qui ignoraient sa fonction connaissaient sa présence. Elle appartenait au décor quotidien, à ces repères silencieux que l'on finit par croire éternels.

Pourtant, cette image familière s'apprête à disparaître.

Construite en 1972, au moment où Planoise connaissait une expansion spectaculaire et accueillait des milliers de nouveaux habitants, la cheminée de la chaufferie urbaine arrive aujourd'hui au terme de son histoire. Après plus de cinquante ans de présence dans le ciel bisontin, sa démolition est désormais programmée.

Ce n'est ni un accident ni une défaillance technique qui scellent son destin. Sa disparition raconte une transformation beaucoup plus profonde : celle d'une ville passée de l'ère du fioul lourd et des grandes infrastructures thermiques à celle des énergies renouvelables et de la transition écologique.

Au fil des décennies, la cheminée a tout vu.

Elle a vu naître le Planoise moderne lorsque les grues dominaient encore l'horizon. Elle a vu arriver des milliers de familles venues construire une nouvelle vie. Elle a traversé les changements sociaux, économiques et urbains qui ont façonné le plus grand quartier de Besançon.

Pendant que les générations se succédaient à ses pieds, elle est restée là, immobile.

Aujourd'hui, alors que les préparatifs de sa disparition commencent, une question demeure : Est-ce seulement une cheminée que Besançon s'apprête à perdre ?

Ou bien l'un des derniers témoins d'une époque qui a façonné l'histoire de Planoise?

Quand Planoise n'était encore qu'un immense chantier

Pour comprendre l'histoire de la cheminée, il faut remonter bien avant son apparition dans le ciel de Besançon.

Au début des années 1970, le paysage de Planoise n'a rien à voir avec celui que connaissent les habitants aujourd'hui.

Là où s'élèvent désormais des dizaines d'immeubles, des écoles, des commerces et des équipements publics, on trouve encore de vastes terrains en transformation. Des routes sont en cours d'aménagement.

Des grues dominent l'horizon. Le bruit des marteaux et des engins de chantier rythme les journées.

Besançon grandit rapidement.

Comme de nombreuses villes françaises durant les Trente Glorieuses, la capitale comtoise doit répondre à une demande croissante de logements.

L'industrie recrute, la population augmente et les besoins deviennent urgents. Les responsables municipaux imaginent alors un nouveau quartier capable d'accueillir plusieurs milliers d'habitants.

Planoise devient l'un des plus grands projets urbains de l'histoire de la ville.

Les immeubles sortent de terre à un rythme soutenu. Chaque mois, de nouveaux logements sont livrés.

Des familles venues de Besançon, de la région et parfois de plus loin s'installent dans ce quartier moderne qui symbolise alors le progrès et l'avenir.

Mais un défi majeur se pose rapidement.

Comment chauffer efficacement des milliers de logements construits presque simultanément ?

À l'époque, les préoccupations environnementales ne sont pas encore au cœur des politiques publiques.

La priorité est ailleurs : garantir le confort des habitants, assurer un chauffage fiable pendant les hivers rigoureux du Doubs et accompagner l'expansion rapide du quartier.

La solution choisie est ambitieuse.

Plutôt que d'équiper chaque immeuble de sa propre installation, les décideurs optent pour un vaste réseau de chauffage urbain alimenté par une chaufferie centrale.

Une technologie considérée à l'époque comme moderne, performante et adaptée aux grands ensembles résidentiels.

Cette chaufferie devra fournir de la chaleur à des milliers de foyers, mais aussi à des écoles, des bâtiments publics et plusieurs équipements collectifs.

Pour fonctionner, elle a besoin d'un élément indispensable : une cheminée capable d'évacuer les fumées de combustion bien au-dessus des habitations.

C'est dans ce contexte que naît le projet de la future cheminée de Planoise.

Pour les habitants qui découvrent alors leur nouveau quartier, cette infrastructure n'est pas perçue comme un problème. Bien au contraire.

Elle représente la modernité.

Elle symbolise un confort jusque-là inaccessible pour de nombreuses familles. Elle accompagne l'arrivée de l'eau chaude, du chauffage collectif et des équipements qui incarnent le mode de vie urbain des années 1970.

À cette époque, personne n'imagine que cette cheminée deviendra un jour l'un des repères les plus connus du quartier.

Encore moins qu'un demi-siècle plus tard, sa disparition susciterait autant de souvenirs et d'émotion.

Pour l'instant, en cette année 1972, Planoise regarde vers l'avenir.

Les immeubles continuent de pousser.

Les familles continuent d'arriver.

Et au milieu de ce gigantesque chantier urbain, un géant de béton s'apprête à faire son apparition dans le paysage bisontin.

La naissance du géant

Au printemps 1972, les habitants de Planoise assistent à un spectacle inhabituel.

Au milieu des immeubles en construction, des routes inachevées et des terrains encore marqués par les travaux, une autre structure commence à attirer les regards.

Au départ, ce n'est qu'un chantier parmi d'autres.

Quelques engins.

Des ouvriers.

Des fondations profondément ancrées dans le sol.

Rien qui ne laisse encore deviner la silhouette qui dominera bientôt le quartier pendant plus d'un demi-siècle.

Puis, semaine après semaine, la structure s'élève.

Chaque nouveau mètre gagné sur le ciel attire davantage l'attention.

Depuis les fenêtres des immeubles récemment livrés, certains habitants suivent sa progression. Les enfants la montrent du doigt. Les ouvriers du quartier la voient grandir presque au même rythme que les bâtiments qui l'entourent.

À mesure qu'elle prend de la hauteur, une évidence s'impose.

Cette cheminée ne ressemble à aucune autre construction de Planoise.

Alors que les immeubles s'étendent horizontalement pour accueillir les nouvelles familles, elle choisit la verticale.

Toujours plus haut.

Toujours plus visible.

Son rôle est essentiel.

Au cœur de la chaufferie urbaine qui doit alimenter le nouveau quartier en chaleur, la cheminée doit permettre l'évacuation des fumées produites par la combustion du fioul lourd utilisé à l'époque.

Pour remplir cette mission, elle doit s'élever largement au-dessus des toits.

Assez haut pour disperser les émissions loin des habitations.

Assez haut pour accompagner les ambitions d'un quartier pensé à grande échelle.

Lorsque les travaux s'achèvent, la silhouette de béton atteint 62 mètres.

Soit l'équivalent d'un immeuble d'une vingtaine d'étages.

À l'époque, peu de constructions du quartier rivalisent avec une telle hauteur.

Visible depuis de nombreux points de Besançon, elle devient immédiatement un repère.

Un point fixe dans un paysage qui continue encore de se transformer.

Pour les ingénieurs et les urbanistes des années 1970, elle représente une réussite technique.

Pour les habitants, elle devient progressivement autre chose.

Une présence.

Un élément familier du décor.

Un phare de béton qui accompagne les retours à la maison, indique l'emplacement du quartier aux visiteurs et s'inscrit, sans bruit, dans la mémoire collective.

Personne ne le sait encore.

Mais la cheminée qui vient d'être achevée en cette année 1972 survivra à plusieurs générations d'habitants.

Elle verra les enfants devenir parents, puis grands-parents.

Elle traversera les crises économiques, les transformations urbaines, les changements de modes de vie et les mutations énergétiques.

Pendant cinquante-quatre ans, elle restera debout.

Immobile.

Silencieuse.

Comme si elle avait toujours fait partie de l'histoire de Planoise.

Comme si elle devait y rester pour toujours.

Cinquante-quatre ans à observer Planoise

Une fois les ouvriers partis et les chantiers progressivement achevés, la cheminée entre dans une nouvelle phase de son existence.

La plus longue.

La plus discrète aussi.

Car contrairement aux immeubles qui changent de façade, aux commerces qui ouvrent puis ferment, aux habitants qui arrivent et repartent, elle reste là.

Immobile.

Année après année.

Saison après saison.

Pendant plus d'un demi-siècle, elle observe silencieusement la vie qui s'organise à ses pieds.

Au début des années 1970, Planoise est encore un quartier jeune. Les immeubles récemment construits accueillent des familles venues chercher un logement moderne et confortable. Les appartements se remplissent peu à peu. Les écoles ouvrent leurs portes. Les premiers commerces apparaissent.

Le quartier grandit.

Et la cheminée grandit avec lui, non plus par sa taille, mais par sa place dans le paysage.

Très vite, elle devient un point de repère.

On la voit depuis les fenêtres des appartements.

Depuis les rues du quartier.

Depuis certains axes d'entrée de Besançon.

Pour beaucoup d'habitants, elle finit même par faire partie de ces éléments que l'on ne remarque plus tant ils semblent naturels.

Comme une montagne à l'horizon.

Comme le clocher d'une église dans un village.

Elle est simplement là.

Toujours.

Les années passent.

Les enfants qui jouaient au pied des immeubles deviennent adolescents.

Puis adultes.

Certains quittent Planoise.

D'autres y fondent une famille.

Une nouvelle génération arrive.

Puis une autre encore.

La cheminée, elle, demeure.

Elle assiste à l'évolution du quartier, à ses réussites comme à ses difficultés.

Elle voit les transformations urbaines successives.

Les rénovations.

Les nouvelles places publiques.

Les changements de circulation.

Les démolitions de certains bâtiments.

La construction de nouveaux équipements.

À chaque époque, elle reste l'un des rares témoins permanents du paysage.

Elle traverse également les grandes mutations de la société française.

Les chocs pétroliers des années 1970.

Les crises économiques.

L'arrivée des nouvelles technologies.

Les changements dans les modes de vie.

Les débats sur l'environnement qui prennent progressivement une place centrale dans les politiques publiques.

Pendant longtemps, personne ne remet réellement en question son existence.

Elle remplit sa mission.

Produire de la chaleur.

Accompagner le quotidien de milliers d'habitants.

Mais le monde autour d'elle change.

Peu à peu, les préoccupations environnementales gagnent du terrain.

Ce qui représentait autrefois le progrès commence à être regardé autrement.

Les émissions de carbone deviennent un sujet majeur.

Les villes réfléchissent à leur consommation énergétique.

Les réseaux de chauffage urbain se modernisent.

La transition écologique s'impose dans les décisions publiques.

Sans le savoir, la cheminée approche alors d'un tournant décisif de son histoire.

Car l'infrastructure qui avait symbolisé l'avenir dans les années 1970 commence progressivement à incarner un passé que l'on cherche désormais à dépasser.

Pour la première fois depuis sa naissance, son avenir n'apparaît plus comme une évidence.

Le géant de béton qui semblait éternel découvre que lui aussi peut devenir un vestige d'une autre époque.

Et pendant que les habitants continuent leur vie sous son regard silencieux, une question commence à émerger dans les bureaux des ingénieurs et des responsables de l'énergie : Combien de temps la vieille sentinelle de Planoise restera-t-elle encore debout ?

Le jour où la vieille sentinelle est devenue inutile

Pendant des décennies, personne n'imagine sérieusement un avenir sans la cheminée de Planoise.

Elle fait partie du décor.

Elle fait partie du fonctionnement du quartier.

Elle fait partie de l'équilibre énergétique de toute une partie de Besançon.

Pourtant, au fil des années, un changement discret commence à s'opérer.

D'abord presque imperceptiblement.

Puis de plus en plus rapidement.

Les grandes cheminées industrielles qui avaient accompagné l'essor des villes françaises au XXe siècle cessent progressivement d'incarner l'avenir. Les priorités évoluent. Les enjeux environnementaux s'imposent dans le débat public. Les collectivités cherchent à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre et à diminuer leur dépendance aux énergies fossiles.

À Besançon, cette réflexion n'épargne pas le réseau de chauffage urbain.

Bien au contraire.

L'infrastructure qui avait été conçue dans les années 1970 pour fonctionner grâce au fioul lourd entre dans une phase de transformation profonde.

Une transformation qui ne se voit pas immédiatement depuis la rue.

La cheminée continue de dominer le paysage.

Les habitants passent devant elle sans imaginer que son rôle est en train de changer.

Mais dans les installations techniques, une nouvelle époque commence.

Le charbon disparaît progressivement du système.

Puis vient le tour du fioul lourd.

Pendant des décennies, ces combustibles avaient alimenté les chaudières qui chauffaient des milliers de logements.

Ils avaient accompagné les hivers rigoureux du Doubs.

Ils avaient assuré le confort de générations entières.

Mais ils appartiennent désormais à un autre temps.

À mesure que les nouvelles sources d'énergie prennent le relais, la fonction historique de la cheminée s'efface.

Le géant de béton est toujours là.

Pourtant, sa mission touche à sa fin.

Le paradoxe est saisissant.

La cheminée n'est pas condamnée parce qu'elle a échoué.

Elle est condamnée parce que le système qu'elle servait a réussi sa transformation.

Pendant plus de cinquante ans, elle a rempli exactement le rôle pour lequel elle avait été construite.

Puis ce rôle a disparu.

Lentement.

Silencieusement.

Presque sans que personne ne s'en aperçoive.

Dans les années 1970, elle représentait le progrès.

En 2026, le progrès signifie désormais autre chose.

Les nouvelles installations énergétiques sont plus discrètes.

Plus efficaces.

Moins visibles.

Elles ne cherchent plus à dominer le ciel.

Elles cherchent à réduire leur empreinte sur celui-ci.

La vieille sentinelle de Planoise se retrouve alors face à une réalité que connaissent toutes les grandes infrastructures : un jour arrive où leur présence n'est plus indispensable.

Pour la première fois depuis sa construction, la question n'est plus de savoir comment elle fonctionne.

Mais ce qu'il faut faire d'elle.

La réponse finira par tomber.

Et avec elle, la fin d'une époque.

Car lorsque la décision de démolition est annoncée, ce n'est pas seulement un ouvrage de béton qui est concerné.

C'est un symbole.

Le symbole d'une génération de bâtisseurs.

Le symbole d'un quartier en pleine naissance.

Le symbole d'une vision du progrès qui a façonné la France des Trente Glorieuses.

Et soudain, les habitants comprennent que ce qu'ils croyaient immuable ne l'était pas.

La cheminée qui avait toujours été là allait, elle aussi, disparaître.

Le dernier regard vers le ciel

Dans quelques semaines, peut-être quelques jours, les habitants de Planoise lèveront les yeux vers le ciel et remarqueront quelque chose d'inhabituel.

Un vide.

Un espace auquel personne n'avait jamais vraiment prêté attention.

Parce qu'il avait toujours été occupé.

Pendant cinquante-quatre ans, la cheminée a fait partie du paysage au point d'en devenir presque invisible.

On ne la regardait plus vraiment.

Comme on ne regarde plus l'horloge d'une place que l'on traverse chaque jour.

Comme on ne remarque plus le grand arbre qui pousse devant sa fenêtre depuis l'enfance.

Sa présence semblait naturelle.

Évidente.

Permanente.

Et c'est souvent lorsque les choses disparaissent que l'on réalise la place qu'elles occupaient dans nos vies.

À Planoise, la cheminée n'était pas seulement un équipement technique.

Elle était un point fixe dans un monde en mouvement.

Un repère silencieux pour plusieurs générations d'habitants.

Certains se souviennent encore de son apparition dans le paysage au début des années 1970.

D'autres sont nés avec elle déjà présente.

Des milliers d'enfants ont grandi sous son ombre lointaine.

Des milliers de familles l'ont aperçue chaque jour depuis leur balcon, leur cuisine ou leur trajet quotidien.

Elle était là lors des premiers emménagements.

Elle était là lors des départs.

Elle était là lorsque les immeubles changeaient de couleur, lorsque les commerces se transformaient, lorsque les générations se succédaient.

Elle ne parlait pas.

Mais elle racontait quelque chose.

L'histoire d'un quartier.

L'histoire d'une époque.

L'histoire d'une ville qui croyait profondément au progrès et qui construisait son avenir à grande échelle.

Aujourd'hui, cette histoire entre dans un nouveau chapitre.

La cheminée disparaîtra.

Le ciel de Planoise changera.

Les photographies anciennes prendront soudain une autre valeur.

Les cartes postales deviendront des archives.

Les souvenirs prendront le relais de la réalité.

Et comme souvent lorsqu'un élément familier s'efface, les habitants continueront probablement à chercher sa silhouette pendant quelque temps.

Par habitude.

Par réflexe.

Par mémoire.

Puis viendra le moment où les nouvelles générations ne la connaîtront plus que par les récits de leurs parents ou de leurs grands-parents.

Elles verront des photographies.

Elles entendront des histoires.

Et elles apprendront qu'à cet endroit se dressait autrefois une cheminée de 62 mètres qui dominait le quartier.

Une cheminée qui chauffait les logements.

Une cheminée qui accompagnait le quotidien des habitants.

Une cheminée qui avait vu passer plus d'un demi-siècle d'histoire.

Car au fond, ce n'est pas seulement du béton qui va disparaître.

Ce qui s'efface aujourd'hui, c'est l'un des derniers témoins visibles de la naissance du Planoise moderne.

La vieille sentinelle va quitter le paysage.

Mais elle restera présente là où les engins de démolition ne peuvent rien détruire.

Dans la mémoire collective.

Dans les photographies.

Dans les souvenirs de ceux qui l'ont vue grandir, traverser les décennies et veiller, en silence, sur le plus grand quartier de Besançon.

Lorsque la poussière retombera et que le ciel retrouvera son vide, il restera une certitude.

Pendant cinquante-quatre ans, une cheminée de béton a accompagné la vie de milliers d'habitants.

Et pour beaucoup d'entre eux, elle n'était pas seulement une cheminée.

Elle faisait partie de leur histoire.

Par la rédaction de L’APPEL - Besançon · L'Appel
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