Disparition de Lyhanna, 11 ans, dans le Gers : ce que l’on sait
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Disparition de Lyhanna, 11 ans, dans le Gers : ce que l'on sait
Disparition de Lyhanna, 11 ans, dans le Gers : ce que l'on sait Un suspect mis en examen, un passé judiciaire alarmant, des recherches toujours en cours — état des faits au 3 juin 2026 Depuis le vendredi 29 mai 2026, une collégienne de 11 ans a disparu à Fleurance, dans le Gers. Les recherches se poursuivent. Un homme de 41 ans, connu de la famille, a été mis en examen et placé en détention provisoire. Son passé, révélé progressivement par les enquêteurs, soulève des questions graves sur le traitement des signalements antérieurs. Voici ce que les éléments disponibles permettent d'établir.
Par la Rédaction • L'Appel, Besançon
Disparition de Lyhanna, 11 ans, dans le Gers : ce que l'on sait
I. Les faits : vendredi 29 mai, 15 heures Lyhanna aurait dû sortir du collège Hubert-Reeves, à Fleurance, à 17 heures ce vendredi-là.
Elle en est sortie deux heures plus tôt.
Un témoin l'a aperçue devant l'établissement, montant dans un véhicule. La caméra de vidéosurveillance installée aux abords du collège a confirmé cette observation. À 18h45, ses parents, sans nouvelles, signalent sa disparition à la gendarmerie de Fleurance.
La procureure de la République d'Auch, Clémence Meyer, écarte d'emblée toute hypothèse de fugue. Les parents, eux, sont formels : leur fille n'aurait jamais quitté volontairement son domicile sans prévenir.
DÉCLARATION : « Pour moi, c'est une certitude, elle a été enlevée. Il n'y a pas d'autre chose. » — Le père de Lyhanna, cité par France Télévisions
Le lendemain matin, samedi 30 mai, un homme est placé en garde à vue. Il est âgé de 41 ans, réside dans le Gers, non loin de Fleurance. Il connaît la famille.
II. Le suspect : un homme connu de la famille L'homme interpellé n'est pas un inconnu pour les parents de Lyhanna. Les deux familles se fréquentaient. La collégienne était amie avec sa fille. Elle avait même passé une soirée pyjama à son domicile en début d'année scolaire.
Interrogé par les gendarmes, le suspect affirme avoir déposé Lyhanna à sa demande aux abords de la piscine municipale de Fleurance — un trajet de moins de deux kilomètres depuis le collège.
La procureure Meyer qualifie ces déclarations de « relativement incohérentes et imprécises ». Elles ne permettent pas d'établir ce qui s'est passé entre le moment où la jeune fille est montée dans le véhicule et le moment où le suspect assure l'avoir déposée.
Le lundi 1er juin au soir, à l'issue de soixante-douze heures de garde à vue, l'homme est mis en examen pour « enlèvement et séquestration de mineure de moins de 15 ans » et placé en détention provisoire.
III. Un passé judiciaire préoccupant
Au fil des jours, les révélations sur le passé du suspect se sont accumulées, soulevant des interrogations sur les signalements antérieurs et leur traitement.
2018-2021 — Un emploi dans les lycées du Gers, puis un renvoi
Entre septembre 2018 et février 2021, le suspect a travaillé comme agent polyvalent d'entretien et de petite maintenance dans plusieurs lycées du Gers. En 2021, son contrat est rompu par la région Occitanie à la suite d'une procédure disciplinaire, après le signalement d'un comportement inapproprié envers une lycéenne. La région Occitanie a confirmé ces faits dans un communiqué.
2020 — Une première plainte, classée sans suite
Dès 2020, le suspect avait été entendu par les gendarmes après une plainte déposée pour des faits de nature sexuelle impliquant une fillette de 9 ans. Cette plainte a été classée sans suite en 2022.
Août 2025 — Une plainte pour viols sur mineure
Le 22 août 2025, une nouvelle plainte est déposée à la brigade de gendarmerie de Plaisance-du-Touch, en Haute-Garonne. Une enfant de 10 ans accuse le suspect de viols répétés, commis sur plusieurs mois à son domicile du Gers — où elle se rendait parce qu'elle était amie avec ses filles. Le parquet de Toulouse, compétent géographiquement, transfère le dossier au parquet d'Auch.
Au moment de la disparition de Lyhanna, cette plainte est toujours en cours d'instruction. Le suspect n'a pas été mis en examen dans ce dossier. Son casier judiciaire est vierge.
CONTEXTE : Un ancien magistrat, interrogé par franceinfo, a estimé qu'il faudrait un « traitement prioritaire » des faits de nature sexuelle et des violences sur mineurs afin d'éviter que des signalements ne restent sans suite pendant plusieurs années.
IV. Les recherches : moyens exceptionnels, résultats nuls Dès le samedi 31 mai, les gendarmes organisent une battue citoyenne. Plus de 280 personnes ratissent les environs de Fleurance. Le lendemain, elles sont plus de 300.
Champs, bois, rivières, étangs : les enquêteurs passent le secteur au crible. Des plongeurs sondent les plans d'eau. Des drones et des hélicoptères survolent la région. Quelque 170 à 200 militaires sont mobilisés en permanence.
Un appel à témoins national est diffusé par la gendarmerie. Des objets et indices ont été prélevés lors des battues, selon les autorités, sans que leur nature soit précisée.
Au soir du 3 juin 2026 — soit six jours après la disparition — Lyhanna n'a pas été retrouvée.
DÉCLARATION : « Le temps joue contre nous », a déclaré l'ancien procureur Jacques Dallest. « Le temps ne joue jamais en faveur de la justice et des enquêteurs. »
Une ville sous le choc
À Fleurance, ville rurale de 6 000 habitants située à 80 kilomètres à l'ouest de Toulouse, la disparition de Lyhanna a provoqué un sentiment d'incrédulité et de sidération.
Au collège Hubert-Reeves, les camarades de classe de la jeune fille témoignent : « On ne parle que de ça, à chaque début de cours. »
Le maire de Fleurance, Grégory Bobbato, a réuni une cinquantaine d'élus des communes environnantes dès le lundi 1er juin. « On dort très peu depuis trois jours », a-t-il confié sur les ondes d'ICI Occitanie. « Le bouleversement est palpable sur l'ensemble du territoire. »
Des habitants venus de toute la région ont participé aux battues, bénévolement, par solidarité avec une famille qu'ils ne connaissaient pas nécessairement.
Note éditoriale
Ce rapport d'information est établi à partir des seuls éléments vérifiables rendus publics par les autorités judiciaires et les médias accrédités au 3 juin 2026. L'enquête est en cours. Le suspect est présumé innocent jusqu'à décision définitive de justice. L'Appel suivra l'évolution de ce dossier.
